Haut-Katanga : la participation citoyenne au cœur d'un café jazz à Lubumbashi

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Le café jazz dénommé « Kwetu » (Chez nous) a constitué la principale activité pour la « Semaine citoyenne » appuyé par le projet Participation Citoyenne et Gouvernance Locale » de Enabel pour la Coordination Haut-Katanga et Lualaba, et a couvert les quartiers Kasapa, Kamatete, Tshamalale, Munua, Mukonto et Joseph Kabila de la commune Annexe, à Lubumbashi. Pendant plus de deux mois, des jeunes talents ont été identifiés, encadrés et formés sur les enjeux de participation citoyenne dans leurs milieux locaux, avant la production du café jazz « Kwetu ».

Lors du premier concert live organisé le samedi 31 février 2026, des performances théâtrales, des démonstrations d’acrobatie et des scènes musicales, toutes conçues pour mêler loisir, créativité et conscientisation ont été au programme avec comme objectif d'offrir aux jeunes des espaces d’expression et de dialogue, tout en les sensibilisant à leur rôle dans le développement du quartier autour du thème : « Jeune, artiste et engagé, je construis mon quartier ». dans le développement du quartier.

Au-delà de la musique et des performances, le Café Jazz « Kwetu », soutenu par Enabel, l’Agence belge de coopération internationale, a été un véritable outil éducatif, d'après le coordonnateur de l'asbl Mannus, Francesco N'chikala. Il a expliqué que les habitants de Kamatete et du marché Moïse ont été informés sur l’importance de maintenir la propreté de leurs quartiers, ainsi que sur la bonne manière de revendiquer leurs droits sociaux dans le respect des règles et des valeurs citoyennes.

« Ce qu’on peut retenir, c’est la participation citoyenne. Ce sont les jeunes du quartier qui ont tout organisé. Même aujourd’hui, moi, j’étais carrément caméraman. C’est vraiment la communauté qui a produit son propre Café Jazz, et c’est exactement ce qu’on voulait », a-t-il déclaré à 7SUR7.CD.

À en croire les organisateurs, l'un des objectifs principaux du projet est d’offrir aux jeunes des plateformes créatives, leur permettant de canaliser leurs énergies vers des actions positives.

« Les jeunes passent souvent plus de temps à faire des choses qui les détruisent qu’à penser au développement de leur quartier. Ici, on veut leur donner la parole », a-t-il insisté.

Les performances et les discussions ont également encouragé la réflexion sur les défis locaux, tout en incitant les participants à devenir acteurs du changement dans leur communauté. Il a aussi expliqué que le Café Jazz « Kwetu » repose sur une démarche participative, composée de quatre étapes dont les causeries avec les chefs de quartier et les jeunes pour identifier les besoins ; les échanges avec les groupes de jeunes sur les problèmes et priorités locales ; la création artistique inspirée des discussions précédentes ; et les performances et spectacles, portant des messages de participation citoyenne et de changement de mentalité.

« Toute la création tourne autour de la citoyenneté, du respect des autres et de la responsabilité collective », a précisé Francesco N’chikala.

Le choix des quartiers périphériques n’est pas fortuit. Ces zones sont souvent délaissées culturellement, avec peu d’espaces dédiés à l’expression artistique.

« Dans ces quartiers, la culture ne vit presque plus. Il y a plus de bars que d’espaces culturels ou de terrains de football. Alors nous allons vers ces jeunes qui n’ont plus l’habitude de venir au centre-ville pour s’exprimer. Il y a des talents énormes. Ils n’ont pas fait de playback, ils ont joué avec l’orchestre. Merci à Enabel qui nous accompagne malgré les contraintes de terrain et de météo. Merci également à l’ASBL Mannus, aux artistes et à toute la population du quartier », a-t-il conclu.

Après Kamatete, le Café Jazz « Kwetu » continue sa tournée dans d’autres quartiers de Lubumbashi. Les concerts se poursuivront le week-end prochain dans les quartiers Tshamalale, Mubanzo et Munua, avec toujours le même l'objectif de rapprocher la culture des jeunes et renforcer l’éducation citoyenne. La présence des autorités locales, dont le commandant d’antennes de la Police locale, a renforcé la dimension communautaire de l’événement.

Patient Lukusa, à Lubumbashi