La quête de justice pour Zaïda Catalan et Michael Sharp, deux experts des Nations unies assassinés en 2017 dans la région du Kasaï en République démocratique du Congo (RDC), prend une nouvelle tournure. Les États-Unis ont annoncé des récompenses pouvant atteindre jusqu'à 5 millions $ pour toute information menant à l’arrestation de 4 personnes présumées impliquées dans ce crime.
Cette initiative, portée par le programme de récompenses pour la justice pénale mondiale (GCJRP) du département d'État américain, vise Évariste Ilunga Lumu, Mérovée Mutombo, Gérard Kabongo et Jean Kutenelu Badibanga.
Pourtant, alors que la communauté internationale s’efforce de rendre justice à ces deux experts, une ombre plane sur la mémoire des Congolais qui accompagnaient les deux experts, tués aussi lors de ce crime.
La société civile appelle à une justice équitable et inclusive. Elle réclame une mobilisation aussi forte pour les Congolais tombés aux côtés de Zaïda Catalan et Michael Sharp.
« ... Le droit de l'homme est universel, alors comme les deux experts sont en train de bénéficier aujourd'hui la mobilisation de la communauté internationale, nous demandons que les congolais qui ont été tués ensemble avec ces deux experts, que leurs cas puissent aussi pris en compte par la communauté internationale », déclare ce mercredi 11 décembre 2024 à 7SUR7.CD, Albert Ngalamulume, acteur de la société civile dans la région du Kasaï-Central.
En mars 2017, la Suédo-Chilienne Zaida Catalan et l’Américain Michael Sharp avaient été assassinés dans la région du Kasaï alors qu’ils enquêtaient sur des fosses communes liées au conflit déclenché après la mort du chef coutumier Kamuina Nsapu. En 2022, après plus de deux ans de procès, la justice militaire avait prononcé des condamnations contre 51 personnes pour des accusations telles que le terrorisme, les crimes de guerre, les meurtres et la participation à un mouvement insurrectionnel.
Alain Saveur Makoba