L’archevêque Israël Dodo Kamba, représentant légal des Communautés unies du Réveil (CUR), estime que tout dialogue politique intégrant des personnes ayant pris les armes en dehors du cadre constitutionnel devrait être précédé par la mise en place d’une Commission vérité et réconciliation.
Selon lui, cette démarche permettrait d’éviter la création d’un fâcheux précédent, consistant à légitimer la voie des armes comme un moyen acceptable pour se faire entendre dans la société congolaise.
Il s’est exprimé ce mardi 14 janvier 2026, au cours d’une interview accordée à 7SUR7.CD, au sujet du dialogue politique évoqué ces derniers temps dans la presse et qui serait en gestation sous l’égide du président angolais, João Lourenço.
« Le dialogue ne peut être que la bonne et la meilleure des choses qui soient arrivées. Je l’ai dit plusieurs fois, le dialogue reste une voie pacifique et la meilleure pour converger les vues et mettre les gens ensemble », a déclaré Dodo Kamba.
Toutefois, l'évêque des églises Betsaïda a toutefois proposé des préalables majeurs, notamment en ce qui concerne une éventuelle participation de ce qu’on appelle l'« opposition armée ».
Selon lui, toute personne ou tout groupe ayant pris les armes en dehors du cadre constitutionnel devrait, au préalable, passer par une Commission vérité et réconciliation, assimilable à un mécanisme de justice transitionnelle, afin de se réconcilier avec le peuple congolais.
Pour l’archevêque, la notion même d'« opposition armée » est incompatible avec l’ordre constitutionnel.
« On ne peut pas parler d’une opposition armée. L’opposition est un acte démocratique qui n’a rien à voir avec les armes. Ce concept n’est pas pris en charge par la Constitution », a-t-il insisté.
Dès lors, intégrer des groupes armés dans un dialogue politique sans condition créerait, selon lui, un dangereux précédent pour l’avenir du pays.
« Nous créons un mauvais précédent. C’est-à-dire que pour que quelqu’un fasse entendre sa voix et ses revendications, il faudrait qu’il touche aux armes. Et c’est là où ça fâche. Il faut penser à l’avenir du pays », a-t-il averti.
Il a, par ailleurs, rappelé la distinction entre l’usage des armes par les forces régulières et celui des groupes armés.
« Ceux qui sont dans l’armée régulière, quand ils touchent aux armes, c’est normal et constitutionnel. Mais ceux qui les prennent en dehors du cadre constitutionnel causent du tort à la population et au pays », a-t-il ajouté.
L’archevêque précise que cette proposition est le fruit des réflexions des experts du Conseil interreligieux congolais (CIC) qu’il préside. Cette plateforme regroupe plusieurs confessions religieuses, notamment les CUR, les musulmans chiites, la COMICO ainsi que l’ECUSE, communément appelée Tata Wonda.
MD