Le gouvernement congolais a manifesté son indignation à la suite de la mort de plus de 200 personnes dans l’effondrement d’une mine à Rubaya, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, le mercredi 28 janvier dernier, accusant les rebelles du M23 et le Rwanda d'en être commanditaires.
Kinshasa fait savoir que cette tragédie s'ajoute à celle ayant causé la mort, en juin dernier, de plus de 300 personnes dans des circonstances similaires, toujours à Rubaya.
Dans un communiqué du ministre de la Communication, le gouvernement accuse le M23 et le Rwanda de «contraindre la population à d’intenses travaux dans les mines en raison de l’exploitation sauvage et illégale.»
Le communiqué souligne que « les activités minières exercées dans ce contexte d’occupation armée constituent un système structuré de pillage et d’exploitation illégale des ressources naturelles, inscrit dans une chaîne d’approvisionnement illicite d’ampleur industrielle, allant de l’extraction à la commercialisation frauduleuse des minerais au profit du Rwanda, comme l’attestent les dernières statistiques disponibles.»
Il précise qu’« entre 112 et 125 tonnes de coltan sont extraites chaque mois dans ces conditions dans le périmètre de Rubaya et acheminées exclusivement vers le Rwanda, en dehors de toute autorisation administrative et de toute traçabilité conforme. Cette exploitation alimente directement une économie de guerre. »
Par ailleurs, la RDC dénonce la « faillite » des mécanismes régionaux de traçabilité ainsi que des pays qui achètent les « minerais de sang » auprès du Rwanda.
« Le gouvernement constate en outre la faillite manifeste des mécanismes internationaux et régionaux de traçabilité, notamment les dispositifs ITRI/ITA ainsi que les mécanismes de certification de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), qui n’ont
pas permis d’empêcher l’écoulement et la certification frauduleuse de minerais provenant de sites classés au statut « rouge », poursuit le communiqué.
Il sied de rappeler que le périmètre minier de Rubaya, ainsi que plusieurs autres sites miniers sous occupation du M23, ont été classés au statut « rouge » par le gouvernement depuis février 2025. Ce classement impose l’interdiction de toute activité d’exploitation et de commercialisation des substances minérales, y compris artisanale.
Bienfait Luganywa