Haut-Katanga : Le député Guy-Geoffrey Munana interpelle le gouvernement sur la sécurité et l'emploi des jeunes à Kipushi

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Le député national Guy-Geoffrey Munana Ramazani tire la sonnette d’alarme sur la situation sociale préoccupante que traversent les habitants de la commune de Kipushi située dans le territoire de Kipushi à 30 kilomètres de Lubumbashi dans la province du Haut-Katanga. Lors de ses consultations communautaires tenues le 07 février 2026 dans le cadre de ses vacances parlementaires, l’élu national a fait état « d’un profond malaise social au sein des populations locales, en dépit de la présence d’importantes entreprises minières ».

Se confiant à 7SUR7.CD ce mercredi, il a précisé que ces consultations ont été menées dans huit quartiers de Kipushi, à savoir Safricas, Lumumba, Kamarengé, Kalubamba, Uhuru, Tshatshatsha, Kachoma et Mungoti, où les habitants ont exprimé, d’une seule voix, un sentiment d’exclusion et d’injustice. Le député national Guy-Geoffrey Munana Ramazani a évoqué notamment le chômage massif des jeunes qui constitue la principale source de frustration au sein de la population et a appelé le gouvernement à agir pour l'emploi des jeunes de cette entité minière.

« Lors de mes consultations dans la commune de Kipushi, des problèmes prioritaires suivants ont été identifiés. Chômage massif des jeunes : Très faible recrutement des autochtones par les entreprises minières. Absence de stages, formations et programmes d'insertion : sentiment d'injustice et marginalisation de la jeunesse locale », a-t-il déclaré.

 

Les consultations communautaires relayées de l’élu national font également état d’une insécurité croissante, marquée par des cas récurrents de vols, agressions, ravissements de motos et assassinats. Une situation que la population dénonce.

L’accès limité à l’eau potable a figuré aussi parmi les préoccupations majeures soulevées lors des consultations. Les habitants sont contraints de parcourir de longues distances ou de recourir à des sources d'eau non sécurisées, exposant les ménages à des risques sanitaires élevés, a-t-il expliqué. Pour le député national Guy-Geoffrey Munana, cette situation est incompatible avec la présence d’importantes activités économiques dans la zone.

Guy Geoffrey Munana a dénoncé également la dégradation avancée des routes de Kipushi. En saison des pluies, plusieurs axes deviennent impraticables, entravant la mobilité, le commerce et l’accès aux services sociaux de base.

« D'autres maux, ce sont les routes fortement dégradées : des érosions, impraticabilité en saison des pluies, interventions superficielles ; mobilité entravée et frein au développement économique », a-t-il regretté.

Le député national Guy-Geoffrey Munana a souligné que le non-recours à la main-d’œuvre locale a un impact économique direct. Les revenus générés par les travailleurs venus d’autres régions sont dépensés ailleurs, ce qui limite la circulation monétaire et affaiblit le tissu économique local. Il a aussi soulevé la problématique de l’accès « insuffisant » à l’électricité. Plusieurs quartiers restent non desservis, le courant est instable et l’absence d’éclairage public favorise l’insécurité et limite les activités économiques nocturnes, a-t-il rappelé.

Les consultations rapportées par l’élu national révèlent également l’absence de centres d’encadrement pour les jeunes, d’infrastructures sportives et d’activités socioculturelles. Les musiciens chrétiens, pourtant reconnus pour leur rôle dans la cohésion sociale, déplorent le manque d’accompagnement matériel et financier.

Face à cette situation, le député national Guy-Geoffrey Munana Ramazani appelle à une action coordonnée de l’État, des entreprises minières et des acteurs communautaires, afin que les ressources naturelles de Kipushi profitent réellement à ses habitants.

« Kipushi faut face à une urgence sociale et infrastructure majeure. Une action coordonnée entre l'Etat, les entreprises minières et les acteurs communautaires est indispensable pour garantir que les ressources du territoire de Kipushi profitent réellement à ses habitants et pour rétablir la justice sociale au cœur du développement local », a-t-il souhaité.

Il a annoncé porter officiellement ces doléances auprès des autorités compétentes, convaincu que le développement minier doit impérativement s’accompagner de justice sociale, d’inclusion et de retombées locales concrètes.

Patient Lukusa, à Lubumbashi