Le gouvernement congolais a franchi, ce 13 février 2026 à Kinshasa, une étape majeure dans la modernisation de la gestion des finances publiques avec l’opérationnalisation de la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques, près de 14 ans après l’adoption de la Loi sur les finances publiques.
Dans une dépêche de la cellule de finance parvenue à 7SUR7.CD, cette réforme stratégique, pilotée par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et mise en œuvre par le Ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde Li-botayi, s’inscrit dans le cadre du Plan stratégique pluriannuel de modernisation de la Gestion des Finances Publiques (GFP), coordonné par le COREF.
Selon le ministère des Finances, l’objectif est de rapprocher les décisions d’engagement et de paiement des centres de responsabilité sectoriels pour réduire les délais de paiement, renforcer la transparence et améliorer la redevabilité des gestionnaires, tout en fluidifiant l’exécution des dépenses publiques.
La réforme a été déployée progressivement à travers deux phases pilotes. La première concerne les ministères de l’Éducation nationale, du Développement rural, de la Santé publique et des Travaux publics. La seconde phase inclut les ministères de la Défense nationale, de l’Agriculture, de l’Enseignement supérieur et universitaire, de la Pêche et de l’Élevage, ainsi que le ministère des Finances.
À la fin du mois de janvier 2026, plusieurs avancées ont été enregistrées :
-La chaîne de dépense interfacée est opérationnelle dans les ministères pilotes, avec les équipements installés, les comptes ouverts à la Banque centrale et les logiciels en service.
-La Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor (DGTCP) est pleinement opérationnelle avec des systèmes comptables actifs garantissant une tenue fiable de la comptabilité de l’État.
-Près de 55 comptables publics principaux et secondaires ont prêté serment et sont désormais déployés dans les ministères pilotes après des formations à l’École Nationale des Finances.
Les autorités soulignent que les systèmes d’information financiers sont interconnectés de manière sécurisée avec la Banque centrale pour assurer la traçabilité des flux et renforcer le suivi macroéconomique.
Cette réforme est également présentée comme un facteur de discipline budgétaire accrue, de meilleure coordination entre politiques monétaire et budgétaire, et de production d’informations comptables consolidées pour le Comité de conjoncture économique et les échanges avec le FMI.
Le gouvernement prévoit que d’ici février 2026, la chaîne de dépense soit pleinement opérationnelle dans les ministères pilotes, avec production de balances trimestrielles en juin avant une généralisation progressive de la réforme à partir de septembre 2026.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté affichée des autorités de renforcer la bonne gouvernance et d’améliorer l’efficacité de la gestion des finances publiques au bénéfice de l’ensemble des Congolais.
Chançard Sindani