La crise sécuritaire et humanitaire qui ravage l’Est de la République démocratique du Congo s’est imposée au centre d’une séquence politique de haut niveau au Parlement européen. À cette occasion, le Front Uni pour la RDC (Benelux) a marqué les esprits par une stratégie assumée : la diplomatie citoyenne de couloirs, menée en amont des interventions officielles et au contact direct des décideurs européens.
Selon une dépêche du Front Uni parvenue ce samedi 14 février 2026 à 7SUR7.CD, à l’invitation de l’eurodéputée Hilde Vautmans, la délégation du Front Uni, conduite et représentée par la Dr Audrey Mundine, a multiplié les échanges de plaidoyer avec plusieurs eurodéputés belges, notamment Wouter Beke, Elio Di Rupo et Marc Botenga.
Objectif affiché : renforcer le niveau d’alerte et de mobilisation sur l’urgence congolaise et appeler l’Europe à passer des déclarations aux décisions concrètes, mesurables et rapides.
Selon la délégation, il ne s’agit plus seulement de condamner les violences, mais d’agir sur les leviers politiques, économiques et diplomatiques susceptibles d’influer sur la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs.
Le message central porté par le Front Uni est clair : face à l’escalade des violences, aux déplacements massifs de populations, à l’effondrement de l’accès humanitaire et aux violations graves des droits humains notamment les violences sexuelles l’Union européenne ne peut plus se limiter à des prises de position symboliques.
Quatre (4) priorités immédiates ont été mises en avant notamment :
- protection effective des civils ;
- accès humanitaire (corridors, accès sans entrave, logistique) ;
- justice et lutte contre l’impunité ;
- traçabilité et contrôle des chaînes d’approvisionnement afin de tarir les circuits qui alimentent l’économie de guerre.
Pour les représentants du Front Uni, ces axes doivent se traduire par des mécanismes de suivi clairs et des engagements contraignants.
En séance plénière, le débat consacré à la « violence dans la région des Grands Lacs, en particulier à l’Est de la RDC » a été porté notamment par Hilde Vautmans (Renew), Elio Di Rupo (S&D) et Marc Botenga (The Left).
Les interventions ont rappelé que cette crise, enracinée depuis plus de deux décennies, exige une réponse politique cohérente, structurée et durable. Plusieurs eurodéputés ont insisté sur la nécessité de replacer la protection des civils au cœur de l’agenda européen, alors que les populations de l’Est congolais continuent de subir massacres, déplacements forcés et insécurité chronique.
Pour mémoire, en février 2025, le Parlement européen avait déjà adopté une position ferme, appelant notamment à suspendre le mémorandum UE–Rwanda sur les chaînes de valeur des matières premières, à geler certains soutiens et à envisager des mesures fortes en lien avec la crise et les violences imputées au M23 et à ses soutiens.
Dans ce contexte, la démarche du Front Uni pour la RDC (Benelux) s’inscrit dans une volonté de maintenir la pression politique et diplomatique au niveau européen.
À Strasbourg, la diplomatie citoyenne revendiquée par l’organisation entend démontrer qu’au-delà des États, la société civile congolaise et sa diaspora peuvent peser dans les espaces institutionnels internationaux. Reste désormais à savoir si cette mobilisation se traduira par des décisions concrètes et un impact tangible sur le terrain à l’Est de la RDC.
Chançard Sindani