Affaire fils de Marie-Ange Mushobekwa contre un cadre de l’ANR : audience renvoyée au 12 mars

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La Cour militaire de Kinshasa/Gombe a tenu, ce jeudi 5 mars 2026, une brève audience dans l’affaire opposant Claudien Likulia Lifoma, fils de Marie-Ange Mushobekwa, à Philémon Mambabwa Zebo, administrateur principal et chef du département d’appui à l’Agence nationale de renseignements (ANR), ainsi qu’à deux autres prévenus.

Le prévenu principal, Philémon Mambabwa Zebo, a comparu personnellement, de même que ses deux co-prévenus. La partie civile a, pour sa part, été représentée par Marie-Ange Mushobekwa.

Identification des parties et demande de renvoi

Au cours de cette audience, la Cour a procédé à l’identification des prévenus et des parties civiles, sans aborder le fond du dossier.

Dès l’ouverture des débats, la défense a soulevé le problème de l’exiguïté de la salle d’audience, estimant que les conditions ne permettaient pas aux parties d’assurer convenablement leur défense. Elle a ainsi sollicité le renvoi de l’affaire vers un autre lieu.

Dans le même sens, les avocats des deux autres co-prévenus ont demandé un délai de deux semaines afin de mieux s’imprégner des pièces du dossier, indiquant n’avoir pu s’entretenir avec leurs clients que la veille au soir.

Après avoir entendu les différentes parties, la Cour a décidé de renvoyer l’affaire au 12 mars prochain, à la prison militaire de Ndolo, située dans la commune de Barumbu.

Débat autour de la couverture médiatique

Un autre point de discussion a porté sur la couverture médiatique du procès. Les avocats de Philémon Mambabwa Zebo s’y sont opposés, invoquant la préservation de l’image de leur client.

Suivant l’avis du ministère public, représenté par le colonel Alpha Limbaya, la Cour a autorisé les journalistes présents à couvrir l’audience, tout en leur rappelant l’obligation de respecter les limites fixées par la loi.

Un déclinatoire de compétence en gestation

Au regard de l’évolution des débats lors de cette phase préliminaire, il ressort que la défense envisagerait de soulever l’incompétence de la Cour militaire, au motif du statut administratif de leur client.

L’un des avocats a d’ailleurs évoqué la loi régissant l’ANR, estimant qu’elle conférerait un statut particulier à cet agent, lequel ne relèverait pas de la compétence de la Cour militaire.

En réaction, le ministère public a invité la défense à réserver ce débat pour le moment opportun, afin que la Cour puisse se prononcer en toute légalité.

Les faits à l’origine de l’affaire

Cette affaire fait suite à des événements survenus dans la nuit du 20 au 21 décembre 2025, dans la résidence privée de Philémon Mambabwa Zebo.

Claudien Likulia et Christopher Likulia, âgés respectivement de 18 et 17 ans, ainsi qu’un de leurs amis de 17 ans, auraient été retrouvés aux premières heures de la matinée dans la résidence du haut cadre de l’ANR, en compagnie de la fille de ce dernier.

Selon Marie-Ange Mushobekwa, ses enfants s’y seraient rendus pour passer du temps avec leur camarade. Elle accuse toutefois le responsable de l’ANR d’avoir ordonné leur enlèvement, leur séquestration ainsi que des actes de torture.

ODN