La Haute Cour militaire a décrété le huis clos lors de l’audience de ce lundi 16 mars 2026 afin d’auditionner le général d’armées Célestin Mbala Munsense, ainsi que le lieutenant-général Constant Ndima Kongba,le général-major Sylvain Ekenge Bomusa Efomi et le général de brigade Evariste Mwehu Lumbu, dans l’affaire opposant l’auditeur général des FARDC au lieutenant-général Philémon Yav Irung.
Dès l’ouverture de l’audience, l’auditeur général Likulia a formulé une requête sollicitant la tenue d’une séance à huis clos, conformément à l’article 231 du Code judiciaire militaire. Il a motivé cette demande par la nécessité de préserver des informations relevant du secret de la défense et de la sûreté de l’État.
« Le général Mbala a occupé de hautes fonctions et détient des informations relevant du secret de la défense et de la sûreté de l’État. Les réponses aux différentes questions pourraient conduire à l’évocation d’informations stratégiques dont la divulgation serait de nature à porter atteinte aux intérêts de la nation.La confidentialité de ces données s’avère donc essentielle. Nous sollicitons ainsi de la Haute Cour qu’elle ordonne le huis clos, en application de l’article 231 du Code judiciaire militaire », a-t-il déclaré.
Après s’être retirée pour délibérer, la Haute Cour militaire a rendu un arrêt avant-dire-droit faisant droit à cette requête. Elle a ainsi ordonné le huis clos et demandé au public ainsi qu’aux personnes non autorisées de quitter la salle d’audience.
À la reprise des travaux, la Cour a procédé à l’audition du général d’armées Célestin Mbala Munsense, notamment sur son appréciation de la conduite du lieutenant-général Philémon Yav Irung, alors commandant des opérations dans la troisième zone de défense.
La Haute Cour a ensuite auditionné le lieutenant-général Constant Ndima Kongba, ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Sylvain Ekenge Bomusa Efomi, ancien conseiller en communication du gouverneur militaire, ainsi que le général de brigade Evariste Mwehu Lumbu, commandant du secteur opérationnel Sukola II Sud, au Sud-Kivu.
Ces trois témoins avaient déjà été entendus par la Haute Cour. Ils avaient affirmé avoir appris, de la bouche du général Cirimwami, aujourd’hui décédé, que le lieutenant-général Philémon Yav lui aurait montré un message téléphonique qui lui aurait été adressé par le général rwandais James Kabarebe, par l’intermédiaire de son assistant particulier dénommé Senkonko.
La défense a toutefois demandé leur nouvelle audition, estimant avoir des questions supplémentaires à leur poser. Les avocats du général Yav soutiennent qu’il s’agit d’un groupe de personnes frustrées qui auraient conspiré contre leur client.
Pour rappel, le lieutenant-général Philémon Yav Irung est poursuivi pour trahison et pour incitation des militaires à poser des actes contraires à la loi.Il lui est notamment reproché d’entretenir des liens avec l’ennemi, accusation fondée sur un message téléphonique qu’il aurait reçu du général rwandais James Kabarebe, par l’intermédiaire de l’assistant de ce dernier.
ODN