[Tribune] – Finances publiques : voici pourquoi le retour de Nicolas Kazadi est réclamé

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Par Christelle Dipesa Kila, économiste de formation


Dans le débat public congolais, un nom revient aujourd’hui avec force et pertinence : Nicolas Kazadi. Ancien ministre des Finances, il est désormais réclamé par la clameur sociale pour son rôle dans la consolidation des acquis financiers du pays. Hier critiqué, parfois diabolisé, il est aujourd’hui reconnu comme celui qui a su ordonner les priorités, sécuriser les dépenses sociales et rétablir la crédibilité de la République démocratique du Congo auprès des partenaires internationaux.

Cette reconnaissance n’est pas le fruit du hasard. Elle illustre un principe fondamental : « certains combats ne se gagnent ni par les coups ni par la parole, mais par le temps ». Le temps, en finances publiques comme en politique, reste le meilleur allié de la vérité.

La clameur publique, autrefois manipulée par quelques acteurs politiques pour des intérêts égoïstes, a profondément évolué. Elle est désormais nourrie par la réalité sociale. Les signaux de détérioration sont visibles et préoccupants : retards récurrents de la paie des fonctionnaires, arrêt des cotisations au titre de la CENSSAP, suspension de la couverture médicale pour les accouchements, non-financement de certains programmes de vaccination, arrêt de nombreux projets d’investissement public, ainsi qu’une hausse exponentielle de la dette à court terme.

À cela s’ajoutent la fragilité croissante des structures sociales et une incohérence manifeste dans l’affectation des ressources publiques. Face à cette situation, le peuple congolais a exprimé une demande claire : le retour de Nicolas Kazadi pour remettre le système sur les rails. La voix du peuple, dit-on, est la voix de Dieu ; il revient donc au chef de l’État d’écouter cette clameur et d’agir en conséquence.

Sous la direction de Nicolas Kazadi, la RDC avait retrouvé une organisation budgétaire plus cohérente, où la priorité était accordée au paiement régulier des salaires et au financement des dépenses sociales essentielles, même dans un contexte économique contraint. Aujourd’hui, cette logique semble s’être estompée. Les dépenses d’urgence prennent le dessus, les priorités sont diluées et la confiance, tant nationale qu’internationale, s’érode progressivement.

Cette évolution traduit une rupture préoccupante : la perte de synergie entre les trois piliers fondamentaux de l’action publique le budget, les finances et l’économie. Sans cette coordination, aucune politique publique ne peut produire des résultats durables. Or, cette cohérence avait permis de restaurer la crédibilité financière du pays auprès de partenaires comme le Fonds Monétaire International et la Banque mondiale.

À moins de deux ans de la fin du mandat actuel, la question est désormais incontournable : le pays veut-il consolider les acquis ou poursuivre dans une trajectoire incertaine marquée par le populisme budgétaire ? Les choix à opérer sont politiques, certes, mais ils reposent avant tout sur des réalités économiques tangibles.

La véritable clameur publique est aujourd’hui celle qui émane du terrain. Elle exprime une attente claire : celle d’un leadership éprouvé, capable de restaurer l’ordre, la discipline et la lisibilité dans la gestion des finances publiques. Et à ce titre, le nom de Nicolas Kazadi s’impose comme une référence.

Silencieux face aux critiques passées, il voit aujourd’hui son action réévaluée à l’aune des résultats. Son bilan parle désormais pour lui : « ordre, discipline et résultats ».

Le temps a parlé. Les faits ont parlé. Il appartient désormais au chef de l’État de faire un choix éclairé, fondé sur la vérité, les priorités nationales et l’intérêt général. Car en matière de finances publiques, ne pas choisir est déjà un choix. Et ce choix déterminera non seulement le bilan de cette administration, mais aussi l’avenir économique de la République démocratique du Congo.