Près de 9 mois après la signature d'un accord de principe entre la RDC et la rébellion du M23, les 2 belligérants se retrouvent à nouveau, sauf imprévu, ce lundi 13 avril 2026, pour un 9e round des négociations de paix.
Alors que depuis le début du processus, les assises se tiennent à Doha, au Qatar, cette nouvelle phase aura lieu, pour une première fois, en Suisse, avec une configuration légèrement retouchée au niveau de la médiation. Même si le lieu exact où doit se tenir la rencontre reste encore sujet de tous les conjectures, celle-ci devrait s'étendre jusqu'au 17 avril prochain.
La relance de ces négociations est cruciale. En effet, plusieurs mois après la signature de la déclaration de principe qui était censée conduire à un accord définitif de paix, la situation n'a guère changé sur le terrain. En dépit d'appels multiples au cessez-le-feu, les violences sont restées vives dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Dans ce document signé le 19 juillet 2025, les signataires s'étaient entre autres engagés à mettre en place un mécanisme conjoint de vérification et surveillance pour garantir la mise en oeuvre du cessez-le-feu. Aussi, la nécessité d'une zone tampon avait été évoquée par le M23 ou encore la libération des prisonniers de part et d'autre. Mais, tous ces points de blocage, y compris plusieurs autres, sont restés lettre morte jusqu'à ces jours.
Ce nouveau round est donc décisif et déterminant pour la suite du processus avec des aspects à noter : l'implication directe de la Suisse qui a envoyé les invitations aux 2 camps en lieu et place du Qatar. Aussi, les États-Unis qui parrainent un autre processus de paix, celui de Washington, accentuent la pression pour qu'un accord définitif de paix soit enfin trouvé entre les 2 parties, accord sans lequel la paix n'est possible malgré les engagements pris entre la RDC et le Rwanda à l'issue des pourparlers des États-Unis.
Également, rapportent des sources proches du dossier, alors que le Qatar ne pourrait participer que par vidéoconférence à certaines rencontres, les États-Unis, eux, jouent un rôle central, désormais en tant que co-facilitateur, pour pousser les 2 belligérants à un compromis et ainsi éviter l'embrasement général. Le partenariat stratégique sur les minerais signé entre Kinshasa et Washington en dépend étroitement, le rappelle-t-on.
Mais, en plus des États-Unis, d'autres acteurs internationaux, entre autres la mission des Nations-Unies en RDC, l'Union africaine ou encore la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs seront associées à cette phase du processus. Ces organisations sont impliquées dans le suivi du cessez-le-feu et dans des initiatives liées à la paix dans la région.
Selon des sources aux négociations, les points qui seront abordés pourraient principalement tourner autour de l'accès humanitaire avec la possibilité de rouvrir l'aéroport de Goma, notamment ; la protection des civils; le programme de désarmement, démobilisation et réinsertion des combattants; la zone tampon ou encore le déploiement d'une force neutre; l'échange des prisonniers, etc.
Les nouvelles assises sont donc porteuses d'espoir même si, sur le terrain, les signaux demeurent au rouge. Hormis le récent retrait des troupes du M23 dans certaines agglomérations des territoires de Lubero et Walikale (Nord-Kivu), des combats sont enregistrés dans plusieurs zones mettant fin aux fortes attentes de voir la paix revenir finalement dans cette partie.
Pour ce 9e round, la délégation congolaise reste chapeautée par Sumbu Sita Mambu, haut représentant du chef de l'État alors que la partie rebelle est toujours portée par Benjamin Mbonimpa, secrétaire exécutif du mouvement.
Isaac Kisatiro