À Kinshasa, une nouvelle tension politique secoue la majorité présidentielle. Dans une correspondance adressée au chef de l’État, Félix Tshisekedi, le regroupement politique Actions Audibles pour la Bonne Gouvernance (AABG) réclame la restitution de son quota au sein du gouvernement ainsi que son siège au présidium de l’Union sacrée de la Nation (USN).
Dans cette lettre datée du 6 février 2026 et dont une copie est parvenue ce 28 avril à 7SUR7.CD, le président national de l’AABG, Mangala Ngungu Toussaint, accuse le ministre du Plan, Guylain Nyembo Mbwizya, d’occuper « indûment » un poste ministériel et un siège stratégique au sein de l’USN au nom de leur regroupement.
Le document dénonce une gestion jugée solitaire et évoque des pratiques de favoritisme, notamment la nomination de proches familiaux et religieux dans différentes structures publiques. Selon les auteurs de la requête, cette situation aurait contribué à une démobilisation des bases et fragilisé plusieurs partis membres du regroupement.
Certains cadres auraient même quitté l’AABG pour rejoindre l’opposition, notamment aux côtés de Jean-Marc Kabund, accentuant les fissures au sein de la majorité présidentielle. Une dynamique qui, selon eux, intervient dans un contexte déjà marqué par des défis sécuritaires persistants à l’Est du pays.
Sur le plan juridique, l’AABG rappelle qu’il est officiellement enregistré et constitué de partis politiques reconnus. Le regroupement conteste la légitimité de Guylain Nyembo à le représenter, affirmant que ce dernier ne disposerait pas de parti politique propre, mais plutôt d’une structure associative, en contradiction avec les exigences légales en matière de regroupement politique.
Face à cette situation, l’AABG appelle le chef de l’État à arbitrer lors du prochain remaniement gouvernemental. Il demande que seule la liste de ses candidats, validée par son président national en tant que représentant légal, soit prise en compte, et plaide pour le remplacement du ministre du Plan, accusé de manque de loyauté et de violation des règles internes.
Jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a été communiquée. Toutefois, cette affaire pourrait accentuer les tensions internes au sein de la plateforme présidentielle.
Chançard Sindani