La société REVIN SARL, spécialisée dans la fabrication des boissons aphrodisiaques « Power Plus », communément appelées « Mutu rouge » et « Mutu jaune », d’après les couleurs des bouchons couvrant ces bouteilles, a été scellée ce lundi 27 avril 2026.
Le scellage de cette usine, située sur la première rue Limete, sur le boulevard Lumumba, a été exécuté sur autorisation du procureur général près la Cour d’appel de la Gombe, par les officiers de police judiciaire (OPJ) de la Commission de la concurrence (COMCO), en synergie avec les agents de l’Autorité congolaise de réglementation pharmaceutique (ACOREP).
Selon John Saya Kusutiko, OPJ au sein de la COMCO, cette opération fait suite à la présence d’une surdose d’un produit chimique, le sildénafil, dans ces boissons très prisées à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
Il a précisé que ce scellage, autorisé par le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, le professeur Daniel Mukoko Samba, et exécuté suivant les directives du chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, soucieux de promouvoir la souveraineté économique de la RDC et de protéger la population congolaise, est le résultat de plus d’une année d’enquêtes et d’analyses menées dans des laboratoires de haut niveau, notamment ceux de l’ACOREP, de l’INRB et de la Faculté des sciences et technologies de l’Université de Kinshasa (UNIKIN).
À l’en croire, plusieurs démarches préalables entreprises auprès de la société sont restées sans suite.
« La COMCO a pour mission de protéger les consommateurs et de réguler la concurrence. Dans ce cadre, nous collaborons avec des associations de consommateurs qui nous servent de relais sur le terrain. L’une d’elles nous a saisis l’année dernière. Nous avons alors procédé à des analyses en laboratoire, lesquelles ont révélé la présence de sildénafil dans ces boissons. Or, ce produit, utilisé pour stimuler l’érection, peut dans certains cas entraîner un coma ou la mort, surtout chez les personnes souffrant d’hypertension artérielle, une maladie souvent insidieuse », a-t-il déclaré.
Et de poursuivre :
« Nous travaillons en collaboration avec les autorités de régulation, notamment l’ACOREP, que nous avons également saisie. Les analyses menées de leur côté ont abouti aux mêmes conclusions. Par le passé, nous avons tenté d’engager le dialogue avec cette société, sans succès. Elle a refusé de coopérer. Il convient de noter que ces produits ont déjà été interdits dans certains pays limitrophes. C’est donc sur instruction du procureur que nous procédons aujourd’hui au scellage de cette usine. »
Du côté de l’ACOREP, les inspecteurs estiment que cette mesure vise avant tout à protéger la santé de la population congolaise dans son ensemble.
« Nous avons été saisis et avons reçu instruction de notre directeur général d’exécuter cette mission. Après analyse en laboratoire, nous avons confirmé la présence de sildénafil en quantité excessive dans cette boisson. Cette surdose peut entraîner des conséquences graves, notamment une chute de la tension artérielle », a indiqué l’inspecteur Gossen Musengele.
Un autre responsable a souligné que la société est également accusée de tromperie envers les consommateurs. Elle affirme utiliser des produits naturels, alors qu’en réalité, il s’agit de produits chimiques, notamment le sildénafil.
« Le premier problème est la tromperie. La société affirme utiliser des produits naturels, alors qu’il s’agit en réalité de sildénafil, une substance chimique. En outre, les doses utilisées exposent les consommateurs à des risques d’hypotension sévère, pouvant aller jusqu’au coma, voire au décès », a expliqué le docteur Daddy Numbi.
Revenant sur les effets de cette substance, il a précisé : « Le sildénafil est un produit qui fait baisser la tension artérielle. À dose contrôlée, il peut être utilisé à des fins thérapeutiques ».
Toutefois, à forte dose, il peut provoquer une chute brutale de la tension, difficile à corriger médicalement. Dans certains cas, cela peut entraîner un coma ou la mort. »
Par ailleurs, l’opération de scellage s’est déroulée dans un climat tendu, en raison du manque de collaboration des responsables de l’entreprise. À l’arrivée des autorités, aucun responsable présent ne voulait se présenter au bloc administratif commis à cette opération. Ce n’est qu’après plusieurs appels que le gérant s’est présenté, affichant une attitude jugée peu coopérative.
Selon les agents du parquet sur place, ce dernier aurait tenté de fuir avant d’être appréhendé et conduit au parquet général de la Gombe, d’autant plus qu’il faisait déjà l’objet d’un avis de recherche.
Autre difficulté rencontrée : certains employés, congolais et expatriés, se sont enfermés à l’intérieur de l’usine pour empêcher le scellage. Après plusieurs injonctions restées sans réponse, ils n’ont finalement quitté les lieux qu’après l’apposition des premiers scellés.
En fin de compte, les OPJ de la COMCO et les agents de l’ACOREP ont procédé au scellage des installations, en apposant sur les portes et le portail principal la mention : «Établissement scellé par l’ACOREP. Accès interdit au public. »
ODN