Procès Ramazani Fundi : la Haute Cour militaire auditionne le général Christian Ndaywel

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La Haute Cour militaire a poursuivi, mardi 5 mai 2026, l’instruction du procès impliquant le Général-Major Ramazani Fundi, ancien commandant de secteur dans la zone Bukavu-Uvira, poursuivi notamment pour violation de consignes militaires et incitation des militaires à des actes contraires à la discipline.

À la demande du ministère public des FARDC, le Général-Major Christian Ndaywel Okira, ancien sous-chef d’état-major chargé du renseignement, a comparu en qualité de renseignant afin d’éclairer la Cour sur certains éléments du dossier.

Selon le magistrat militaire Cyprien Muwau, représentant de l’Auditorat général des FARDC, la comparution du général Ndaywel se justifie par une correspondance officielle qu’il avait signée à l’époque des faits.

Ce document évoquait un décaissement de 150 dollars américains ordonné par le Général-Major Ramazani Fundi au profit du DTR secteur, dans le but d’acquérir un câble de programmation destiné à une trentaine de radios de marque Vertel auprès d’un ingénieur basé à Bukavu.

Le ministère public estime que cette opération aurait été effectuée en contradiction avec les instructions émises par la hiérarchie militaire. L’organe poursuivant a notamment rappelé que les fréquences de ces radios ne pouvaient être configurées que par le fournisseur, en collaboration avec le DTR régional.

Face à la Cour, le Général-Major Christian Ndaywel a confirmé le contenu de sa correspondance ainsi que les restrictions entourant l’utilisation de ces équipements de communication.

Il a expliqué que ces radios avaient été introduites au sein des FARDC dans un contexte marqué par des préoccupations liées à la sécurité des transmissions militaires. Selon lui, ces appareils avaient été livrés avec des mesures particulières limitant leur programmation.

Le renseignant a également affirmé que la société fournisseuse des radios avait alerté les autorités militaires à Kinshasa après avoir été contactée par une personne opérant dans les zones de Bukavu et d’Uvira afin d’obtenir une clé de programmation auprès des fabricants chinois.

D’après ses déclarations, une commission d’enquête dirigée par le général Mpero, chef du département des opérations, avait été dépêchée sur place. Les investigations auraient conclu que le Général-Major Ramazani Fundi, alors en séjour à Kinshasa, avait donné des instructions à l’un de ses collaborateurs pour procéder à la programmation des fréquences de ces radios.

La défense du prévenu a, pour sa part, contesté la pertinence des déclarations du renseignant. Les avocats de Ramazani Fundi ont soutenu que le général Ndaywel n’était pas la personne la mieux indiquée pour apporter des éclaircissements à la Cour, affirmant que seul le général Lukwebo détenait les consignes directes relatives à la distribution et à l’utilisation de ces équipements.

Dans la suite des débats, le ministère public a demandé la réaudition de plusieurs officiers déjà entendus comme renseignants, notamment les généraux Lukwebo, Yav Abul et Mpero, afin qu’ils soient confrontés aux déclarations du Général-Major Christian Ndaywel.

Pour rappel, le Général-Major Ramazani Fundi répond devant la Haute Cour militaire de plusieurs griefs, parmi lesquels la violation de consignes militaires et l’incitation de militaires à poser des actes contraires au devoir et à la discipline.

ODN