Le Front pour un Congo Nouveau (FPCN) a organisé une journée de réflexion ce lundi 18 mai 2026 à Kinshasa, ayant réuni les responsables politiques, juristes, universitaires ainsi que plusieurs membres de la société civile autour du thème « Quel avenir pour la Constitution du 18 février 2006, revisitée par la loi du 20 janvier 2011 ? ».
Parmi les intervenants figurait Me Patrick Mutombo Buzangu, Coordonnateur adjoint des FPAU en charge des questions juridiques, qui a centré son exposé sur « l’impact de la durée des mandats présidentiels », il a défendu l’idée d’une profonde réforme constitutionnelle en RDC.
Intervenant au nom des Forces Politiques Alliées de l’UDPS (FPAU), Me Patrick Mutombo Buzangu a plaidé pour l’adoption d’une nouvelle Constitution, estimant que l’actuel texte ne répond plus aux réalités politiques et institutionnelles de la République démocratique du Congo.

Revenant sur l’évolution du constitutionnalisme africain depuis les indépendances des années 1960, il a souligné que les premières constitutions africaines fonctionnaient davantage comme des « lois fondamentales » ne garantissant ni démocratie réelle ni limitation effective du pouvoir présidentiel.
Et d'ajouter :
« Les constitutionnalistes ont appelé cette période la première génération du constitutionnalisme africain », soulignant que plusieurs États africains de l’époque ressemblaient plutôt à des « monarchies républicaines ».
Me Patrick Mutombo a ensuite évoqué les années 1990, marquées par le vent de démocratisation et l’avènement du « constitutionnalisme libéral ». D’après lui, cette période a permis l’émergence de plusieurs principes démocratiques majeurs, notamment la souveraineté populaire, la limitation des mandats et la protection des libertés publiques.
Toutefois, il a estimé que la question de la limitation des mandats ne devait pas être abordée comme un « fétichisme politique », mais plutôt à partir des réalités propres à chaque État.
« Si le peuple estime qu’il faut modifier, alors il n’y a pas d’inconvénient », a-t-il soutenu.
L’avocat a également développé une critique du fonctionnement institutionnel en RDC, qui selon lui, un mandat présidentiel de cinq ans ne permet pas au chef de l’État de disposer d’un temps d’action suffisant pour mettre en œuvre sa vision.
« En réalité, un président de la République élu pour cinq ans n’exerce effectivement que pendant deux ans et demi », a-t-il affirmé.
Dénonçant les contraintes liées aux alliances politiques, aux équilibres institutionnels et aux négociations permanentes autour des remaniements ministériels, ce doctorant en droit estime qu’une simple révision partielle de la Constitution ne suffirait plus, car la RDC souffre à la fois d’« un problème d’hommes » et d’« un problème de textes ».
Prenant position au nom des Forces Politiques Alliées de l’UDPS, il a clairement affiché l’orientation défendue par sa plateforme politique.
« Les Forces Politiques Alliées de l’UDPS que je représente aujourd’hui affirment que nous sommes pour la table rase de l’actuelle Constitution. Nous voulons une nouvelle constitution qui sera votée et promulguée en abrogeant l’actuelle constitution », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, il a insisté sur le fait que cette démarche ne viserait pas à défendre « un mandat pour un homme », mais plutôt à engager une réforme institutionnelle destinée à renforcer durablement l’État congolais.
Grâce Kenye