L’élection du gouverneur et du vice-gouverneur de la province du Sankuru pourrait-elle être remise en cause ? La question est désormais entre les mains du Conseil d’État, saisi par le candidat malheureux Justin Omokala, qui conteste la régularité du scrutin ayant conduit à l’élection provisoire de Jules Lodi Emongo.
Lors de l’audience tenue vendredi 22 mai 2026, les débats se sont concentrés sur la participation de trois députés provinciaux dont la qualité d’électeurs est remise en question par le requérant. Il s’agit de Djongadeka, magistrat , de Richard Lolehe, ancien ministre provincial, et de Charles Motomoke, agent de l’État.
Pour les avocats de Justin Omokala, la présence de ces élus lors du vote constitue une irrégularité susceptible d’affecter la sincérité du scrutin. Selon eux, « leur situation administrative ne leur permettait pas de prendre part à l’élection », ce qui justifierait l’annulation des résultats.
Une thèse fermement rejetée par le camp de Jules Lodi Emongo. Ses conseils soutiennent que Djongadeka et Charles Motomoke étaient régulièrement mis en disponibilité au moment du vote. S’agissant de Richard Lolehe, ils rappellent que ce dernier n’exerçait plus de fonctions gouvernementales, le gouvernement provincial ayant cessé d’exister après la destitution de l’ancien gouverneur.
Au-delà du fond du dossier, la défense du gouverneur élu attaque également la recevabilité même du recours. Elle estime que Justin Omokala n’aurait pas valablement mandaté son avocat pour introduire la requête devant la haute juridiction administrative. « La requête a été déposée sans procuration régulière », ont plaidé les avocats de Jules Lodi.
La Commission électorale nationale indépendante (CENI), également présente aux débats, a défendu la régularité du processus. Ses experts ont considéré que les députés contestés disposaient de la qualité requise pour participer au vote et que les griefs soulevés ne relevaient pas de cette phase de la procédure électorale.
Le ministère public s’est aligné sur cette position procédurale. Dans ses conclusions, il a demandé au Conseil d’État de déclarer le recours irrecevable. Le parquet relève notamment que la procuration produite par le requérant serait postérieure à l’introduction de la requête. Il évoque également un dépassement du délai légal prévu pour la saisine de la juridiction.
Après avoir entendu les différentes parties, le Conseil d’État a pris l’affaire en délibéré. Sa décision est attendue dans les délais prescrits par la loi et pourrait mettre un terme à un contentieux qui continue d’alimenter le débat politique dans la province.
Pour rappel, Jules Lodi Emongo a été élu gouverneur du Sankuru le 15 avril 2026. Les premières contestations introduites devant la Cour d’appel compétente avaient déjà été rejetées, ouvrant ainsi la voie à son élection provisoire.
Alain Saveur Makoba