Plus de 1,67 million de déplacés en avril : OCHA peint un tableau sombre de la situation humanitaire au Nord-Kivu

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Les signaux de la situation humanitaire au Nord-Kivu demeurent au rouge en dépit de l'accalmie observée sur plusieurs lignes de front depuis de nombreux jours.

Dans un rapport publié, couvrant le mois d'avril 2026, OCHA rapporte qu'au moins 1,67 millions de déplacés internes ont été recensés au courant de cette période bien que, grâce aux efforts de paix en cours, 2, 20 millions d'autres ont pu regagner leurs villages.

Dans le territoire de Masisi où les combats sont restés réguliers, plus de 170 mille ont fui leurs localités alors qu'à Rutshuru, au moins 7 300 se sont dirigé vers l'axe Birundule-Lusogha et 5 500 autres vers Kibirizi-centre pour se mettre à l'abri d'attaques  armés. L'agence onusienne répertorié 105 400 déplacés vivant dans des localités de la zone de santé de Kibirizi.

Selon le rapport, ces déplacés, y compris les retournent vivent dans des conditions très délicates, sans eau, nourriture, couverture ou encore abris. Malheureusement, l'insécurité ou encore l'état des routes dans cette zone n'ont pas permis aux équipes humanitaires d'accéder à certaines zones pour apporter de l'aide aux vulnérables.

"Les co'yralutes d'accès humanitaire continuent de limiter les mouvements des populations et la réponse humanitaire dans plusieurs territoires, notamment en raison de l'insécurité persistante, de la dégradation des axes routiers. Les violences ont aggravé les risques de protection et limité l'accès humanitaire sur plusieurs axes", regrette OCHA.

En même temps, dans la région de Beni, le rapport mentionne que plus de 2000 ménages ont été affectés par de fortes pluies, notamment à Watalinga. Cette situation, couplée à la crise sécuritaire et économique, a revivifier la situation humanitaire dégradante des populations.

Grâce aux efforts diplomatiques déployés par les autorités congolaises, plusieurs agglomérations du Nord-Kivu ne font plus face aux combats entre troupes gouvernementales et rebelles.

Cependant, dans les territoires de Masisi, Walikale et Rutshuru, des violences sporadiques sont régulièrement enregistrées. Par exemple, le dimanche 24 mai dernier a particulièrement été marqué par des attaques aux drones de certaines positions rebelles. Des violences entre M23 et groupes Wazalendo sont également courants dans la même contrée.

Face à cette incertitude, des populations ont jugé mieux de se mettre à l'abri dans des zones censées sûres où ils mènent une vie délicate dans des familles d'accueil.

Isaac Kisatiro, à Butembo