Affaire Rebo Tchulo : l’audience renvoyée au 4 juin après l’absence de la chanteuse

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Le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema a ouvert, ce jeudi 28 mai 2026, le procès opposant l’auditeur militaire de garnison, représentant du ministère public, à la chanteuse Deborah Mulanga Tshimpaka, connue sous le nom de scène Rebo Tchulo.

Dès l’ouverture de l’audience, l’avocat de l’artiste, Me Jean-Marie Kabengela Ilunga, a présenté aux juges une procuration spéciale émanant de sa cliente.

Dans ce document, Rebo Tchulo sollicitait le report de l’audience, justifiant son absence par un décès survenu dans sa famille.

Réagissant à cette demande, Me Meya Herman, avocat de la partie civile, a estimé que cette procuration était irrégulière, au motif qu’elle ne mentionnait pas le numéro pénal du dossier. Il a demandé au Tribunal d’ordonner la comparution forcée de la chanteuse au moyen d’un mandat d’amener, rappelant qu’elle aurait déjà fait preuve d’un manque de collaboration avec la justice depuis l’étape du parquet, où elle ne se serait présentée qu’à deux reprises.

Un autre avocat du collectif de la partie civile a également souligné que la défense n’avait produit ni acte de décès ni précisé le lien de parenté entre la personne décédée et la prévenue. Les avocats ont ainsi demandé au Tribunal de rejeter la requête de renvoi.

Prenant la parole, le ministère public a, pour sa part, demandé au Tribunal d’accéder  cette requête, estimant qu’il s’agissait d’une situation humanitaire. Il a toutefois insisté sur la présence obligatoire de la prévenue à la prochaine audience.

Après examen des différentes demandes, le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema a fait droit à la requête de la défense et renvoyé l’affaire au 4 juin prochain. Les juges ont également décidé de délocaliser les audiences au siège du Tribunal situé dans la commune de Ngaliema.

Dans cette affaire, Rebo Tchulo est poursuivie aux côtés de plusieurs militaires, notamment le sous-lieutenant Kazadi Mputu Christian, le sous-lieutenant Musafiri Cédric, l’adjudant de première classe Bakatuleji Baka Joseph, le premier sergent-major Ndakola Lutshombo, le sergent Mukalenge Kabeya Germain, ainsi que les soldats de deuxième classe Kinkela Mayala Djenny, Mushila Junior, Lutondo Ngialanga Prince, Kitambala Gaby, Masimo Elambola, Kanga Seke, Namumba Nkongolo et Namumba Andimi.

Ils sont poursuivis pour incitation des militaires à commettre des actes contraires à la loi ou à la discipline, torture, extorsion, concussion et violation des consignes.

Les faits remontent au 19 avril 2026. Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux montrait un homme fouetté par des militaires dans une parcelle privée à Kinshasa. La chanteuse Rebo Tchulo apparaissait dans cette séquence, assise à proximité de la victime.

Selon plusieurs sources, l’artiste aurait ordonné le passage à tabac de Platini Kasay Sadisa, un chauffeur accusé d’avoir volé son sac lors du tournage d’un clip vidéo. L’affaire avait suscité une vive indignation dans l’opinion publique, poussant le ministre de la Justice à instruire l’auditorat militaire de se saisir du dossier.

D’après Me Meya Herman, avocat de Platini Kasay, Rebo Tchulo aurait contraint son client à signer un document par lequel il s’engageait à verser 3 000 dollars dans un délai de deux ans, d’où l’infraction d’extorsion retenue contre elle. La concussion est également évoquée dans ce dossier, notamment en raison d’une somme de 500 dollars que les militaires et la chanteuse auraient exigée avant de libérer la victime.

Les accusations de torture reposent sur les coups de fouet visibles dans la vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux. Quant à l’incitation des militaires, elle serait liée au fait que Rebo Tchulo aurait donné l’ordre de torturer la victime. Enfin, la violation des consignes est évoquée en raison de l’implication irrégulière des militaires dans cette affaire.

ODN