Seize ans après l’assassinat du défenseur des droits humains Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana, la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) a réclamé, ce lundi 1er juin 2026 à Kinshasa, la réouverture du procès dans cette affaire afin que le lieutenant-général John Numbi Banza Tambo et ses présumés complices soient jugés.
Cette revendication a été formulée par le directeur exécutif de la VSV, Rostin Manketa, lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion du 16e anniversaire de la mort de ces deux défenseurs des droits humains.
Pour l’organisation, les avancées enregistrées dans ce dossier demeurent incomplètes tant que l’ancien inspecteur général de la Police nationale congolaise, présenté comme le principal suspect, reste en liberté.
« C’est donc à juste titre, dans le cadre de la lutte effective contre l’impunité en général et celle des crimes commis contre les défenseurs des droits humains en particulier, que la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV), ainsi que l’ensemble des défenseurs des droits humains en RDC et à travers le monde, attendent toujours la tenue d’un nouveau procès, celui du lieutenant-général John Numbi Banza Tambo et de ses coaccusés dans l’affaire Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, afin qu’ils répondent de leurs actes criminels », a déclaré Rostin Manketa.
La VSV estime que les réformes récentes introduites dans le Code judiciaire militaire permettent désormais l’organisation de ce procès. Selon elle, l’ordonnance-loi n° 26/003 du 31 janvier 2026 a levé plusieurs contraintes liées au grade des magistrats appelés à juger des officiers supérieurs.
« Avec les avancées enregistrées au sein de la justice militaire, aucun prétexte ne peut désormais justifier l’impunité dont bénéficie le général John Numbi dans cette affaire », a soutenu le directeur exécutif de la VSV.
L’organisation considère par ailleurs que l’absence du principal suspect ne devrait pas empêcher la tenue du procès.
« Pour la VSV, la réouverture du procès et sa tenue peuvent se faire avec ou sans la présence physique du suspect n°1, le général John Numbi. L’essentiel est de garantir un procès juste et équitable », a insisté Rostin Manketa.
La VSV appelle également à ce que d’autres personnes déjà détenues dans le cadre de cette affaire soient fixées sur leur sort.
« Le moment est plus que jamais indiqué pour que certaines personnes en détention, notamment le général Zelwa Katanga Djadjidja et ses coaccusés, soient jugées et connaissent enfin leur sort quant à leur implication présumée dans cet ignoble assassinat, mettant ainsi fin à ce que d’aucuns qualifient de détention prolongée sans jugement », a-t-il ajouté.
Floribert Chebeya avait été retrouvé mort le 2 juin 2010 après avoir répondu à une convocation à l’Inspection générale de la Police nationale congolaise. Son chauffeur, Fidèle Bazana, n’a jamais été retrouvé.
Dans cette affaire, plusieurs policiers ont été jugés et condamnés, notamment le colonel Daniel Mukalay, le général Christian Ngoy Kenga Kenga, Jacques Mugabo ainsi que d’autres membres des forces de l’ordre impliqués dans le dossier.
Considéré par la justice militaire comme un fugitif, John Numbi demeure recherché et n’a jamais comparu devant les juges dans cette affaire.
Merveil Molo