Les organisations de la société civile réunies au sein de la Campagne pour la paix et la cohésion nationale ont dénoncé, vendredi 12 juin, la répression de la manifestation organisée par la plateforme de l’opposition C64 à Kinshasa contre le projet de révision de la Constitution et l’évolution de la loi sur le référendum.
Dans une déclaration rendue publique par Danny Singoma, secrétaire exécutif du Réseau PRODDES (Promotion de la démocratie et des droits économiques et sociaux) et porte-parole de la Campagne pour la paix et la cohésion nationale, ces organisations ont condamné « la répression sanglante » ayant visé les militants de l’opposition lors du sit-in organisé dans la capitale congolaise.
Elles estiment que les méthodes employées rappellent « les années d’avant l’alternance ».
Elles ont également appelé les autorités à éviter toute initiative susceptible de fragiliser la cohésion nationale et ont plaidé pour la mise en place de mécanismes de concertation, notamment un dialogue national inclusif entre les différents acteurs politiques et sociaux.
« Nous appelons les autorités au plus haut niveau à éviter tout ce qui fragilise la cohésion nationale et à privilégier les voies de conciliation et de mise en confiance mutuelle, notamment à travers un dialogue national inclusif. Nous rappelons notre exhortation adressée le 30 mai 2026 au président du Sénat, lui demandant de s’inspirer de l’exemple du président Kengo wa Dondo lorsqu’il avait suspendu l’examen de la loi électorale en 2015 afin d’éviter de diviser les Congolais », peut-on lire dans la déclaration.
Les organisations poursuivent : « Le pouvoir actuel est, comme tout le monde le sait, le produit de la lutte menée par la société civile, l’opposition et les confessions religieuses contre le changement de la Constitution en 2017 et contre le troisième mandat de Joseph Kabila. Il doit se souvenir du sacrifice du peuple, qui a payé de son sang pour permettre l’alternance et l’accession au pouvoir du président Félix Tshisekedi. Il ne doit pas reproduire les erreurs du passé.Le président de la République sortirait grandi s’il favorisait une nouvelle alternance en RDC et faisait de notre pays une référence démocratique. Le gouvernement doit mettre en œuvre des mesures claires pour soutenir la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dans l’organisation d’élections libres et transparentes en 2028, afin que l’alternance politique devienne une tradition plutôt qu’une exception. »
La société civile rappelle qu’au cours d’une rencontre tenue le 30 mai 2026 à Fatima, à Kinshasa, plusieurs organisations avaient déjà dénoncé les initiatives de l’Union sacrée visant, selon elles, à modifier la Constitution afin d’ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi.
« Nous rappelons que, le 30 mai 2026, les organisations de la société civile réunies à Fatima ont dénoncé les manœuvres de l’Union sacrée visant à modifier la Constitution pour permettre un troisième mandat au président de la République, alors que les priorités du pays demeurent la fin de la guerre, la cessation des violences en Ituri et dans les zones proches de Kinshasa où sévit la milice Mobondo, l’amélioration des conditions sociales de la population, la lutte contre Ebola ainsi que la préparation des élections de 2028 », ont-elles déclaré.
Selon les signataires, les priorités nationales restent la fin du conflit dans l’Est de la RDC, la sécurisation de l’Ituri et des zones touchées par les attaques de la milice Mobondo, l’amélioration des conditions de vie de la population, la lutte contre Ebola et la préparation des scrutins de 2028.
La Campagne pour la paix et la cohésion nationale rappelle également son appel du 30 mai dernier au président du Sénat, l’invitant à suivre l’exemple de Léon Kengo wa Dondo, qui avait suspendu l’examen de la loi électorale en 2015 afin d’éviter des tensions politiques dans le pays.
Dans leur déclaration, les organisations soulignent enfin que l’actuel pouvoir est issu des mobilisations menées par la société civile, l’opposition et les confessions religieuses contre la révision constitutionnelle et le troisième mandat de Joseph Kabila.
Elles estiment que le gouvernement devrait prendre des mesures en faveur de la Commission électorale nationale indépendante afin de garantir l’organisation d’élections « libres et transparentes » en 2028 et de consolider l’alternance politique en RDC.
Les organisations signataires appellent enfin à la retenue, au respect des droits humains et à l’ouverture d’un dialogue national inclusif afin de préserver la paix, la cohésion nationale et l’État de droit.
Le comité de la Campagne pour la paix et la cohésion nationale est composé de PRODDES, ALERTE-RDC, du Panel des experts de la société civile, d’OCIDEC RDC, du Forum citoyen, de SYFEDDI, du MLK, de l’ASADHO et du CERDYSOC.
Le sit-in de la coalition C64 a été dispersé par les forces de l’ordre. À son issue, les organisateurs ont fait état de deux morts et de plusieurs blessés parmi les manifestants, un bilan contesté par les autorités de Kinshasa.
Raphaël Kwazi