En dépit d'une accalmie relative dans certaines contrées ces derniers jours, le Nord-Kivu est resté en proie à une crise humanitaire considérable selon un nouveau rapport établi par l'ONU.
Fin mai 2026, OCHA dit avoir dénombré 1,83 million de déplacés internes du fait de violences qui se sont poursuivies notamment à Rutshuru, Walikale, Masisi où des combats entre forces gouvernementales et rebelles ont été déplorés, ou encore en région de Beni avec l'accentuation d'attaques ADF.
L'agence onusienne s'inquiète par ailleurs de la réapparition de la malade d'Ebola et redoute qu'elle ne vienne accentuer une crise humanitaire déjà intenable.
"Les violences armées continuent de générer des besoins humanitaires critiques et d'accroître les risques d'extension de l'insécurité vers les zones d'accueil. L'extension de l'épidémie d'Ebola au Nord-Kivu risque d'aggraver la situation humanitaire dans les zones déjà marquées par les violences et des déplacements de la population", mentionne le rapport.
Cependant, OCHA indique qu'au moins 2,32 millions ont pu regagner leurs localités, en plus de 440 000 autres qui ont bénéficié d'une assistance en matière d'eau, d'hygiène ou d'assainissement.
Le rapport évoque une situation similaire dans la province de l'Ituri, elle aussi théâtre d'affrontements entretenus par des groupes armés. Fin mai, au moins 999 000 déplacés ont aussi été déplorés.
"La poursuite des violences dans les territoires de Djugu, Irumu et Mambasa continue d'exposer les civils aux attaques, aux enlèvements et aux déplacements forcés", regrette l'ONU, qui évoque plus de 45 000 déplacés seulement à Biakato et 17 000 autres à Mahagi.
Si, au Nord-Kivu, OCHA cite particulièrement les combats entre M23 et forces gouvernementales ainsi que les incursions ADF, en Ituri, elle cite des milices locales, y compris des groupes armés venant du Soudan du Sud et qui ont contraint des milliers de Congolais à quitter la frontière congolo-soudanaise.
Au Nord-Kivu, malgré l'instauration du cessez-le-feu entre la RDC et le M23, des hostilités se poursuivent à Walikale et Masisi. La semaine dernière, les forces congolaises ont réussi à reconquérir plusieurs localités à Masisi.
Isaac Kisatiro, à Butembo