Réforme constitutionnelle : le Comité de crise pour la paix et la sécurité plaide pour un consensus autour de l’article 220

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Le Comité de crise pour la paix et la sécurité (CCPS) estime que tout processus de changement de la Constitution en République démocratique du Congo doit reposer sur un large consensus national. Pour cette plateforme de la société civile, ce consensus devrait s’appuyer sur le Manifeste citoyen de Kasangulu, présenté ce vendredi 26 juin 2026 à Kinshasa comme une feuille de route pour le redressement du pays.

« Nous savons que la révision de la Constitution est constitutionnelle. Mais nous pensons que toute démarche qui ne touche pas toutes les provinces et ne renforce pas notre unité nationale et notre cohésion pourrait nous mener à l’implosion », a déclaré Me Patient Bashombe, coordonnateur du CCPS.

Pour lui, la Constitution demeure le principal socle de cohésion nationale. C’est pourquoi, selon lui, toute initiative visant à modifier les dispositions dites « verrouillées » ne peut aboutir que par un consensus similaire à celui qui a permis leur adoption.

« Ces articles ont été verrouillés par voie de consensus et non par voie électorale. Seul le consensus peut défaire le consensus. En droit, il s’agit du principe de parallélisme des formes », a-t-il expliqué.

Le responsable du CCPS estime ainsi que le Manifeste citoyen de Kasangulu doit servir de référence dans les discussions à venir.

« Dans ce consensus, nous voulons imposer le Manifeste citoyen comme texte fondateur de toutes les orientations et de la vision que nous portons, en tant que société et peuple, pour le renouveau de notre pays », a-t-il insisté.

Présenté à la veille de la fête de l’indépendance, le Manifeste citoyen de Kasangulu est issu des travaux organisés du 11 au 13 juin dernier à Kasangulu, dans le Kongo Central. Plus qu’une simple déclaration d’intention, ce document se veut une feuille de route de la société civile pour un sursaut national, une paix durable et le redressement de la RDC. Il appelle les Congolais à passer de l’indignation à l’action organisée et identifie plusieurs priorités : restauration de la sécurité, justice transitionnelle, bonne gouvernance, souveraineté économique et réarmement moral de la nation.

Sur la question constitutionnelle, le manifeste défend une position de « vigilance équilibrée ». Ses rédacteurs estiment que le débat ne doit être ni interdit par la peur ni confisqué par une seule composante politique, mais qu’il doit rester transparent, inclusif, populaire, contradictoire et référendaire, avec la participation de toutes les provinces et des différentes forces sociales. Ils mettent également en garde contre toute manipulation de la Constitution à des fins partisanes et réaffirment la nécessité de préserver les garanties protégées par l’esprit de l’article 220.

À en croire Me Patient Bashombe, « le débat ne doit pas être uniquement politique. Le Congo appartient à tous les Congolais. Le Manifeste citoyen est avant tout une expression citoyenne, un appel patriotique pour défendre la République démocratique du Congo ».

En outre, il soutient que le lancement de ce document, à quelques jours de la fête de l’indépendance, vise à replacer les citoyens au cœur du débat sur l’avenir du pays.

Merveil Molo