Moïse Katumbi : « C'est l'incompétence qui bloque le développement et non la Constitution »

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Le président du parti Ensemble pour la République, Moïse Katumbi, a réaffirmé son opposition à toute modification de la Constitution de la République démocratique du Congo. Il estime que les difficultés auxquelles le pays est confronté ne découlent pas de la loi fondamentale, mais plutôt de la gouvernance. Ces déclarations sont tirées d'une interview dont des extraits, diffusés samedi sur plusieurs pages des réseaux sociaux, sont devenus viraux.

Interrogé sur l'idée selon laquelle la Constitution constituerait un obstacle au développement du pays, l'opposant a rejeté cette thèse.

« C'est l'incompétence qui bloque le développement, et non la Constitution. Nous avons une très bonne Constitution. Je voudrais vous retourner la question : est-ce la Constitution qui nous demande de payer les députés plus de 20 000 dollars américains, ou les ministres plus de 20 000 dollars ? Est-ce cette même Constitution qui nous demande de ne pas fournir l'électricité à la population congolaise ? Est-ce cette Constitution qui nous demande de ne pas donner de l'eau potable ? Est-ce la Constitution qui nous demande cela ? Non, c'est l'incompétence notoire. Nous avons une très bonne Constitution. Cette Constitution a été votée à 86 %. Ce n'est pas une Constitution de belligérants », a-t-il déclaré dans un extrait d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux le 1er août 2026.

Moïse Katumbi a également rappelé sa position de longue date contre toute révision constitutionnelle.

« Je m'y suis opposé en 2015 et je m'y opposerai toujours. Ceux qui veulent changer la Constitution de notre pays, je crois qu'ils ont les démons en eux, parce que ce sont les démons de la division. Si l'on veut nous amener à la division, qu'on touche à la Constitution. Je n'accepterai jamais cette division. Je suis là pour l'héritage du pays, mais on ne doit pas jouer avec la Constitution. Soyons quand même sérieux. Il ne faut pas tomber dans le populisme ni dans les discours creux. Il ne faut pas se satisfaire de la situation actuelle. Il faut reconnaître qu'aujourd'hui, le peuple souffre », a-t-il poursuivi.

Abordant la question de la gouvernance et de la justice, le président d'Ensemble pour la République a estimé que les dispositions de la Constitution sont suffisantes, mais qu'elles ne sont pas appliquées.

« La Constitution prévoit tout dans ses articles : la bonne gouvernance et une justice indépendante. Malheureusement, aujourd'hui, nous avons de bons juges, mais la justice n'est plus indépendante. Il y a une ingérence des politiques dans la justice. Les vrais voleurs roulent carrosse, voyagent en classe affaires, tandis que le pauvre Congolais se retrouve en prison. Aujourd'hui, l'insécurité, la criminalité, les tueries dans toutes les provinces et les bandits à main armée, est-ce à cause de la Constitution ? Non, c'est à cause de la mauvaise gouvernance et de l'incompétence », a-t-il affirmé.

L'ancien gouverneur du Katanga a également évoqué la situation économique du pays et le niveau du budget national.

« Dites-moi, depuis les élections, quel changement y a-t-il eu dans l'assiette du peuple congolais ? Le budget est en hausse. Quel budget ? Dix-huit milliards, c'est ce que vous appelez un budget ? C'est triste pour un grand pays comme le Congo. Je vous ai dit que, si vous regardez le basketball américain, la NBA, son budget dépasse celui du Congo. Un pays le plus riche, devenu l'un des plus pauvres à cause des détourneurs, est-ce cela que vous acceptez ? Non. Nous avions un programme pour redonner la joie au peuple congolais. Je l'ai démontré lorsque j'étais gouverneur du Grand Katanga », a-t-il soutenu.

Revenant sur le scrutin présidentiel, Moïse Katumbi a estimé que le pays aurait connu une autre trajectoire si, selon lui, « le choix du peuple » avait été respecté.

« S'il n'y avait pas eu des élections chaotiques, si le choix du peuple avait été respecté, ce pays aurait déjà changé. Mais je ne suis pas un pleurnichard, je suis un homme de solutions. Quand vous voyez quelqu'un pleurer du matin au soir, il ne fera rien de bon. C'est comme un père de famille : il ne peut pas passer son temps à dire que rien ne va, que c'est la faute du voisin, pendant que les enfants ne mangent pas et ne vont pas à l'école. Un père doit être responsable », a-t-il déclaré.

En conclusion, l'opposant a lancé un message d'espoir à la population congolaise :

« Le peuple congolais doit garder espoir et surtout ne pas avoir peur. Nous devons continuer à croire en Dieu, c'est le seul libérateur. Mais, comme on le dit toujours : "Aide-toi et le ciel t'aidera." »

Pour rappel, le débat sur le changement de la Constitution continue de diviser la classe sociopolitique en République démocratique du Congo. La ministre de la Jeunesse a annoncé une marche pacifique le 12 août prochain pour soutenir le changement de la Constitution.

Raphaël Kwazi