Lutte contre la malaria en RDC : Pharmakina met l’accent sur la quinine injectable pour le traitement des cas graves

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Le Paludisme demeure l’un des principaux défis de santé publique en République démocratique du Congo. Selon les données du Programme national de lutte contre le Paludisme (PNLP), plus de 30 000 cas de décès dus au Paludisme dont 60% des enfants de moins de 5 ans, ont été ont recensés en 2025 dans le pays.

Dans ce contexte, Pharmakina, qui intervient dans la lutte contre cette maladie à travers la production de la quinine depuis 1942, a organisé ce jeudi 17 septembre, à Kinshasa, une rencontre scientifique consacrée à l’optimisation de la prise en charge de la malaria en RDC, avec en toile de fond le Protocole 2026 et les combinaisons thérapeutiques à base de quinine (QCT).

Durant ces assises, des médecins, des professionnels de santé, des experts du paludisme ainsi que des représentants du PNLP et des autorités sanitaires ont partagé les connaissances, discuter des protocoles de prise en charge et contribuer au dialogue scientifique autour des stratégies thérapeutiques contre la malaria.

Les échanges ont été axés également sur les directives de prise en charge du paludisme en RDC, la résistance aux antipaludiques, la prise en charge du paludisme grave et la place de la quinine dans le contexte thérapeutique actuel.

La quinine injectable contre les cas graves

Lors de cette rencontre scientifique, Pharmakina a présenté la quinine injectable 500 mg/2 destinée au traitement des cas graves de la malaria. Cette quinine Bichlorhydrate a été intégrée dans le nouveau Protocole national de prise en charge du paludisme, ce qui constitue une remise de ce médicament à sa place.

« Le Protocole actuel met en valeur un produit local, la quinine. Pour les petits enfants de moins de 5 kilos, il y a la quinine gouttes. Quand vous prenez le paludisme grave, il y a la quinine injectable. Dans le Protocole d’avant, on nous disait que pour les cas de Palu graves, c’est artésunate injectable ou alors la quinine en l’absence de l’artésunate », a déclaré Patrick Cizungu, représentant de Pharmakina.

Pour lui, justice a été faite pour la quinine : « La quinine va être utilisée en monothérapie en ce qui concerne les cas graves et en monothérapie en ce qui concerne les petits enfants. Mais en ce qui concerne les femmes enceintes et les adultes, ça sera en bithérapie, combinée avec clindamycine ».


De son côté, le PNLP a salué une « innovation » qui, selon le programme, va permettre d’avoir une autre alternative pour la prise en charge des cas du paludisme.

« Ce que Pharmakina a présenté aujourd'hui est une innovation qui va nous permettre d'avoir une autre alternative pour la prise en charge du paludisme, en dehors des ACT qui sont en train d'être utilisés au niveau du pays. Tout ce que nous pouvons dire, c'est remercier Pharmakina et aussi les professeurs qui ont été associés à cette cérémonie, puisqu'ils vont donner des évidences scientifiques qui sont à la base de ce changement du Protocole de prise en charge qui relève de la Politique nationale, puisque la Politique nationale en ce qui concerne la prise en charge a évolué. Comme la science est en train d'évoluer, nous devons être à jour », a souligné Baudouin Matela Baangi, directeur du PNLP.

Le Protocole national de prise en charge du paludisme a été actualisé en juin 2026. Les principaux changements incluent ce qui suit : tous les médicaments sont désormais sur un pied d’égalité, le choix du traitement revient au technicien selon le profil du patient et le schéma décrit dans le Protocole. La quinine fait partie désormais des multiples médicaments recommandés pour le traitement du Paludisme.

Pour le traitement du Paludisme grave, le PNLP a retenu deux choix, dont la quinine injectable à administrer selon le schéma dans le Protocole. La quinine gouttes reste le seul traitement indiqué pour les nourrissons de moins de 5 kilos. Chez la femme enceinte, la quinine - clindamycine et la quinine injectable sont indiquées tout au long de la grossesse, à tous les trimestres selon le Protocole actualisé.

Pharmakina certifiée comme société agro-industrielle

Il faut souligner que Pharmakina a été certifiée, le 1er septembre de cette année, comme société agro-industrielle spécialisée dans la production des matières premières de la quinine par Africa CDC.

« Il n'y a pas plus tard que le 1er septembre, la Pharmakina a été certifiée par une structure de CDC Africa comme société agro-industrielle , spécialisée dans la production de la matière première de la quinine, extraite à partir des corses de quinquina, l'arbre à partir duquel on utilise les corses pour produire la quinine que nous prenons tous », s’est félicité le représentant de Pharmakina.

Il a tenu à préciser que 90% de quinquina à travers le monde entier se trouvent en RDC : « Donc le Congo n'a pas que les minerais, le Congo a beaucoup de choses. 90% de quinine produits à travers le monde entier sont produits à Bukavu où se trouve le laboratoire ».

La société Pharmakina existe depuis plus de 8 décennies en République démocratique du Congo. Enregistrée auprès l’Autorité congolaise de la réglementation pharmaceutique (ACOREP/RDC), elle fabrique la quinine conformément aux exigences de Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF/GMP), contribuant ainsi à la lutte contre le Paludisme.

Prince Mayiro