RDC : le Front Anti-Dialogue saisit Tshisekedi pour la création d'une Commission « vérité, réconciliation et justice transitionnelle » avant tout dialogue national

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Le Front Anti-Dialogue a annoncé avoir saisi, ce dimanche 2 août 2026, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, afin de solliciter la mise en place d'une Commission « vérité, réconciliation et justice transitionnelle» avant toute éventuelle convocation d'un dialogue national.

Dans un communiqué signé à Kinshasa par son porte-parole général, Héritier Ekoto Isasi, la plateforme indique que cette initiative repose sur la nécessité d'établir la vérité sur les violences ayant marqué la République démocratique du Congo avant l'ouverture de tout nouveau processus politique.

« La République démocratique du Congo ne peut durablement construire la paix et la réconciliation sur l'oubli des victimes, l'impunité, les arrangements politiques successifs ou l'absence d'établissement des responsabilités. Pour le Front Anti-Dialogue, tout processus politique national qui prétendrait réconcilier les Congolais doit être précédé d'un mécanisme crédible d'établissement de la vérité, de reconnaissance des victimes, de justice, de réparation et de garanties de non-répétition », affirme le communiqué.

Le Front Anti-Dialogue rappelle que le pays demeure confronté, depuis plusieurs décennies, aux conséquences des guerres, des rébellions, des violences politiques, des violations graves des droits humains, des déplacements forcés, des assassinats ainsi que des crises politiques, électorales et institutionnelles.

Selon la plateforme, réunir les acteurs politiques autour d'un nouveau dialogue sans clarification préalable des faits et des responsabilités risquerait de reproduire les insuffisances des précédents processus politiques.

Dans sa correspondance adressée au chef de l'État, le Front Anti-Dialogue propose la création d'une commission indépendante, « crédible, pluraliste et représentative ». Celle-ci aurait notamment pour mission d'établir la vérité sur les principales violences ayant affecté la RDC de 1996 à ce jour, d'entendre et de reconnaître les victimes, d'identifier les responsabilités, de documenter les mécanismes ayant favorisé la répétition des violences, de recommander les mécanismes de poursuites judiciaires, de proposer un programme national de réparations ainsi que des réformes institutionnelles et sécuritaires, et de contribuer à la construction d'une mémoire nationale.

La plateforme dirigée par Dieudonné Nkishi précise que sa démarche ne s'oppose ni à la paix ni à la réconciliation nationale.

« Cette démarche n'est dirigée ni contre la paix ni contre la réconciliation nationale. Elle vise, au contraire, à leur donner des fondements solides, conformément au principe qui structure notre initiative : La vérité précède la réconciliation. La justice consolide la paix. La réparation restaure la dignité. Et la non-répétition protège les générations futures»,souligne-t-elle.

Le Front Anti-Dialogue appelle les institutions de la République, les forces politiques et sociales, les organisations de la société civile, les confessions religieuses, les victimes des conflits, la diaspora congolaise ainsi que les partenaires internationaux de la RDC à prendre acte de cette initiative.

La plateforme réaffirme enfin sa position en ces termes : « vérité – justice – réparation – réconciliation, avant tout nouvel arrangement politique».

Alors que les prises de position autour d'une éventuelle révision de la Constitution se multiplient, le sujet demeure au cœur des divergences entre les acteurs politiques et sociaux en République démocratique du Congo. Dans ce contexte, la ministre de la Jeunesse a annoncé l'organisation d'une marche pacifique prévue le 12 août prochain afin d'exprimer son soutien au projet de changement de la Constitution. À l'opposé, le mouvement « Sauvons la RDC », formé autour de l'ancien président Joseph Kabila, a fixé sept conditions préalables à sa participation au projet de dialogue national.

Raphaël Kwazi