Le Syndicat national des professionnels de l’enseignement (SYNAPE) Nord-Kivu dénonce le retard dans le paiement des salaires des enseignants pour le mois de juillet 2026. Alors que le calendrier du Comité de suivi de la paie des fonctionnaires de l’État prévoyait l’approvisionnement des comptes le 29 juillet et le début de la paie le 30 juillet, la majorité des enseignants de la province n’a toujours pas touché son salaire.
Dans une déclaration lue par son secrétaire provincial, Bandu Bauma Exaucé, le SYNAPE dit ne pas comprendre cette situation. Le syndicat reconnaît que quelques enseignants ont déjà reçu leur salaire, notamment ceux payés à la TID, mais estime que ces paiements restent très insignifiants par rapport au nombre d’enseignants encore en attente.
Le syndicat s’interroge également sur les conditions dans lesquelles ces quelques paiements ont été effectués. Selon lui, les enseignants ne disposent pas d’informations claires sur la suite du processus, alors que le calendrier annoncé par les autorités prévoyait déjà le début de la paie depuis la fin du mois dernier.
"Le gouvernement de la République s'était pourtant engagé noir sur blanc. Selon les communiqués officiels du comité de suivi de la paie des fonctionnaires de l'État, l'approvisionnement des comptes devait intervenir le 29 juillet 2026 pour un début effectif de la paie programmée au 30 juillet. Aujourd'hui, nous sommes déjà le 6 août et le constat sur le terrain est amer et inacceptable. La majorité écrasante des enseignants du Nord-Kivu n'a toujours pas touché son salaire du mois de juillet. Seule une poignée de collègues payés à la TID a pu percevoir une somme, mais dans des conditions floues et opaques qui nous laissent perplexes quant à la provenance exacte de ces fonds », dénonce le SYNAPE.
Pour les représentants des enseignants, cette situation tombe mal dans une province où les conditions de vie sont déjà très difficiles. La situation sécuritaire continue d’affecter les activités économiques et le quotidien de nombreuses familles. Dans ce contexte, le salaire des enseignants reste une ressource importante pour répondre aux besoins de leurs ménages.
Le SYNAPE demande ainsi au gouvernement central et au Comité de suivi de la paie de donner des explications et surtout de débloquer rapidement le paiement de tous les enseignants concernés. Le syndicat estime que les engagements pris à travers le calendrier de paie doivent être respectés.
« Pourquoi ce traitement au compte-gouttes ? D'où provient exactement cet argent alors que le circuit global et la paie semblent totalement bloqués ? Le SYNAPE Nord-Kivu dénonce avec la dernière énergie cette fausse promesse et ce mépris caractérisé à l'égard des enseignants de notre province, qui travaillent déjà dans des conditions extrêmement difficiles. On ne peut pas nourrir des familles avec des promesses non tenues, ni payer les loyers avec les communiqués de presse », poursuit la déclaration.
Le syndicat appelle les autorités à régulariser la situation dans les plus brefs délais. Il demande que la paie globale des enseignants du Nord-Kivu soit libérée afin de mettre fin aux incertitudes qui entourent actuellement le paiement des salaires de juillet.
Le SYNAPE invite également les enseignants à rester mobilisés. Il prévient que des actions syndicales pourraient être envisagées si la situation n’évolue pas positivement.
Au Nord-Kivu, l’attente se poursuit donc pour la majorité des enseignants, alors que le mois d’août a déjà commencé et que le salaire de juillet reste encore impayé pour beaucoup d’entre eux.
Isaac Kisatiro, à Butembo