Haut-Katanga : l’IRDH demande l'implication de Tshisekedi face aux pollutions présumées de SOMIKA, CDM et Chemaf

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Imga

L'Institut de recherche en droits humains (IRDH) a saisi le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à travers un mémorandum dénonçant ce qu'il qualifie d'impunité dont bénéficieraient certaines entreprises minières impliquées dans des affaires de pollution environnementale au Haut-Katanga.

Dans un communiqué rendu public le jeudi 6 août 2026 et parvenu à 7SUR7.CD ce vendredi, l’IRDH cite notamment les cas de Société minière du Katanga (SOMIKA), Congo Dongfang International Mining SAS (CDM) et Chemaf SA, tout en appelant le chef de l'État à veiller au respect des lois en matière de protection de l'environnement et des droits des populations.

Selon maître Hubert Tshiswaka qui a signé ce document, ces trois dossiers illustrent une « institutionnalisation de l'impunité » dans le secteur minier. Il estime que cette situation est préoccupante dans un contexte où la République démocratique du Congo ambitionne d'accroître sa production de minerais stratégiques.

Dans son mémorandum, l'IRDH affirme que deux incidents environnementaux majeurs se sont produits les 26 et 29 avril 2026 sur le site de la Société minière du Katanga (SOMIKA), dans le territoire de Kipushi. D'importantes quantités d'acides se seraient déversées sur la route menant au village Kwampisha avant d'être redirigées vers la rivière Kasonta, un affluent de la Kibunduka qui alimente le lac artificiel de l'Institut national pour la recherche et les études agronomiques (INERA).

L'IRDH revient également sur l'affaire impliquant Congo Dongfang International Mining SAS (CDM). Il rappelle que le 4 novembre 2025, l'entreprise aurait déversé plus de 2,5 millions de mètres cubes d'eaux usées à forte teneur en métaux lourds dans les quartiers Kasapa, Kamatete et Kamisepe, à Lubumbashi.

Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, avait, dans une correspondance datée du 17 janvier 2026, reconnu la gravité de l'incident et condamné l'entreprise au paiement de 6 millions de dollars américains au titre de réparation collective ainsi que de 682 067 dollars pour les indemnisations individuelles.

« Plus de sept mois après, l'entreprise CDM persiste à ne pas exécuter les mesures de réparation au profit des trois communautés concernées », déplore l'IRDH.

La correspondance évoque enfin le dossier de Chemaf SA. L'IRDH rappelle que le 11 mars 2025, l'élève Bulafia Mwana Christian est décédé par noyade dans l'un des bassins de rejets de lixiviats abandonnés sur le site d'Usoke, dans la commune de Kampemba à Lubumbashi. Les parents de la victime attendent toujours une indemnisation et le site n'aurait pas été réhabilité afin d'éliminer les risques pour les populations riveraines.

Au regard de ces trois dossiers, l'IRDH estime que les autorités judiciaires et administratives doivent assurer une application effective du Code minier et des textes relatifs à la protection de l'environnement et sollicite l'implication personnelle du président Félix Tshisekedi afin que les responsabilités soient établies, que les victimes obtiennent réparation et que les entreprises concernées respectent leurs obligations légales en matière de sécurité, de santé publique et de protection de l'environnement.

Patient Lukusa, à Lubumbashi