Les fédérations de l’UDPS/Tshisekedi de Beni, Butembo et du Nord-Kivu rural se lancent dans une guerre ouverte contre le gouverneur militaire Evariste Somo Kakule. Dans une déclaration politique conjointe rendue publique après leur réunion du 16 août 2026, elles exigent son départ immédiat et sans condition et menacent même d’organiser des manifestations d'envergure pour obtenir son départ.
Cette position est motivée, selon le parti présidentiel, par la situation sécuritaire dans plusieurs territoires de la province, mais aussi par ce qu’elles qualifient d’exclusion de l’UDPS dans la gestion administrative du Nord-Kivu. Elles accusent notamment le gouverneur militaire de n'avoir pas apporté de réponse suffisante aux attaques des ADF dans la ville et les territoires de Beni et de Lubero, malgré les alertes lancées par la population.
"Depuis sa prise de fonction à la tête de la province du Nord-Kivu, le gouverneur militaire, le général-major Somo Kakule Evariste s’est avéré incapable d'apporter la moindre solution durable au drame sécuritaire qui endeuille la province du Nord-Kivu. La nébuleuse terroriste ADF/MTN continue de massacrer, jour et nuit, les paisibles populations civiles de la ville de Beni et des territoires de Beni et Lubero", écrivent les fédérations de l’UDPS.
Elles estiment également qu’aucune intervention de l’autorité provinciale n’a été observée pour anticiper certains massacres ou s’attaquer aux combattants signalés par les habitants.
Sur le plan politique et administratif, les responsables de l’UDPS de Beni, Butembo et du Nord-Kivu rural reprochent à Evariste Somo "d’avoir systématiquement rejeté" la main tendue du parti présidentiel. Ils l’accusent de favoriser, lors des recrutements et affectations dans les services publics provinciaux, des membres de plusieurs autres formations politiques, notamment le RCD/KML, le RCD/Goma, la DCF/N, le PPRD, le BUREC et l’AVRP.
Les 3 fédérations citent notamment les commissions d’affectation collective du 6 août 2026 portant nomination et affectation des agents et cadres de l’Office pour la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption (OBLC) et de la Direction générale des recettes du Nord-Kivu (DGR-NK). Elles dénoncent également l’apparition, dans ces documents, de personnes dont les identités seraient, selon elles, "hautement douteuses"
L’UDPS estime par ailleurs que les postes qui devraient revenir au parti sont attribués à des membres d’autres formations. Elle cite notamment le cas du poste de coordonnateur provincial chargé des Finances, présenté comme un quota de l’UDPS mais qui aurait finalement été confié à un membre de l’UNC.
Face à cette situation, les fédérations demandent, outre le départ du gouverneur militaire, la révision de 2 dernières commissions d’affectation de la DGR-NK et de l’OBLC. Elles sollicitent aussi l’implication de l’ANR et de la DGM pour vérifier les identités des personnes proposées aux différents postes dans les services publics provinciaux.
Mais c’est surtout la menace de manifestations qui marque la fin de leur déclaration. Les fédérations de l’UDPS disent se réserver le droit de lancer des actions de grande envergure afin d’obtenir le départ du gouverneur militaire.
"Enfin, les fédérations de l’UDPS/Tshisekedi du Nord-Kivu prennent à témoin l'opinion nationale et internationale et se réservent le droit d’entreprendre des actions de manifestations de grande envergure afin d’obtenir le départ pur et simple du gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Evariste", déclarent-elles.
Une prise de position qui intervient alors que le général-major Evariste Somo, nommé par le président Félix Tshisekedi, dirige toujours la partie du Nord-Kivu restée sous contrôle des autorités congolaises dans le cadre de l’état de siège. Les fédérations signataires sont celles de Beni, Butembo et du Nord-Kivu rural, respectivement représentées par Kasereka Sirika Luc, Paluku Katamira Florent et Kambale Maombi Jean-Platon.
Isaac Kisatiro, à Butembo