Justice : Guillaume Ngefa mise sur l’accélération des réformes pour restaurer la confiance des congolais

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Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a présenté le vendredi 22 août 2026, le bilan de sa première année à la tête du ministère de la Justice, mettant en avant plusieurs réformes destinées à renforcer la crédibilité, l’accessibilité et l’efficacité de l’appareil judiciaire congolais.

C’était lors d’un briefing de presse organisé dans le cadre de l’exercice de redevabilité du gouvernement, le ministre d’État a reconnu que la justice congolaise reste confrontée à des dysfonctionnements structurels.

Soulignant la nécessité de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions judiciaires, il a toutefois estimé que cette première année avait permis de poser les bases d’une transformation en profondeur du secteur.

« Notre Justice souffre encore d’un certain nombre de dysfonctionnements qui nécessitent des réformes structurantes. La Justice d’un pays doit être revêtue du sceau de la crédibilité », a déclaré Guillaume Ngefa.

Parmi les principales réformes citées figurent notamment la création du Tribunal pénal économique et financier, le projet de loi anticorruption, la réforme de la justice militaire et la modernisation de l’Inspection générale des services judiciaires et pénitentiaires. Le ministre a également évoqué l’opérationnalisation de la profession notariale et la transformation numérique du secteur à travers le programme « Justice 2.0 ».

La lutte contre le « désert judiciaire » constitue également l’un des axes majeurs de cette transformation. Après la construction de nouvelles infrastructures judiciaires à Lubumbashi, Demba et Kinshasa/Kalamu, le ministère entend poursuivre la construction de six complexes judiciaires afin de rapprocher davantage les juridictions des populations et d’améliorer la couverture judiciaire du territoire national.

Sur le plan pénitentiaire, Guillaume Ngefa a néanmoins reconnu la persistance de difficultés importantes, notamment la surpopulation carcérale, l’accès aux soins, l’alimentation et les conditions d’hygiène dans les établissements pénitentiaires. Des mesures de désengorgement, des transferts et des libérations conditionnelles ont été engagés, parallèlement aux projets de réhabilitation des prisons.

« La privation de liberté ne doit jamais devenir une privation de dignité », a insisté le ministre d’État, appelant à une amélioration durable des conditions de détention.

Pour accompagner ces réformes, le ministre a plaidé pour un financement plus important du secteur de la Justice. Selon lui, un budget d’environ 50 millions de dollars américains demeure largement insuffisant pour répondre aux besoins d’un pays de plus de 100 millions d’habitants.

Après une première année consacrée à la mise en place des fondations, Guillaume Ngefa entend désormais passer à une nouvelle étape. La deuxième année devra, selon lui, être celle de « l’accélération, de la consolidation et de la traduction des réformes en résultats concrets », avec l’ambition de bâtir une Justice crédible, accessible et efficace.

Grâce Kenye