À Goma, la recrudescence du choléra inquiète les soignants

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La ville de Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo, fait face à une recrudescence des cas de choléra, sur fond de difficultés persistantes d’accès à l’eau potable. Au centre de santé CCLK, situé dans le quartier Lac-Vert, au moins 18 cas ont été pris en charge en deux semaines depuis juillet, selon l’infirmier titulaire de cette structure, Ndaya Dubois. 

Cette recrudescence intervient alors que la saison sèche accentue les difficultés d’approvisionnement en eau dans plusieurs quartiers de la ville. Faute de moyens pour acheter de l’eau traitée, certains ménages se tournent vers le lac Kivu, avec un risque accru de maladies hydriques lorsque cette eau n’est pas correctement traitée. Une situation déjà signalée en juillet dernier dans l’aire de santé de CCLK, où les acteurs communautaires avaient alerté sur la combinaison de la sécheresse, de la forte densité de population et des difficultés d’accès à l’eau potable.

Les équipes sanitaires et les relais communautaires ont renforcé la sensibilisation à l’hygiène ainsi que la surveillance des cas. Des sites de chloration ont également été mis en place, mais les professionnels de santé jugent les efforts encore insuffisants pour interrompre la transmission. 

Entre mai et début août 2026, Médecins sans frontières a pris en charge plus de 2 410 personnes atteintes de choléra dans les structures qu’elle soutient dans la ville.

Le choléra, maladie généralement transmise par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés, peut provoquer de fortes diarrhées et des vomissements entraînant une déshydratation rapide. Les professionnels de santé recommandent aux habitants de consommer uniquement de l’eau potable ou correctement chlorée, de se laver régulièrement les mains et de consulter rapidement une structure sanitaire en cas de symptômes. L’OMS et l’UNICEF soulignent depuis plusieurs années que les insuffisances en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement, combinées aux déplacements de population et à la fragilité des infrastructures, compliquent particulièrement la lutte contre le choléra dans l’Est de la RDC.

David Lupemba