Dialogue national : le parti BNCP veut un «préalable clair» pour les groupes armés avant leur participation

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Le parti politique Bisoïté Nationale pour un Congo Fort et Prospère (BNCP) apporte son soutien au dialogue national annoncé par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo dans son adresse à la Nation du 27 août 2026.

Dans une déclaration politique faite ce mardi 1er septembre 2026, Bobo Ngonda Lingolo Bionic, président ad intérim et vice-président du parti chargé de la gestion et des questions politiques, a indiqué que cette initiative intervient dans un contexte où la République démocratique du Congo est éprouvée.

Selon la BNCP, le chef de l’État a fait le choix de « rassembler » et de privilégier « la Patrie contre les partis ». Le parti affirme ainsi apporter son « soutien total, indéfectible, loyal et républicain » au président de la République et à la vision de l’Union sacrée de la Nation.

« Lorsque la Patrie est en danger, il n’y a plus ni majorité ni opposition, il n’y a que la République », a déclaré Bobo Ngonda Lingolo Bionic.

La BNCP a également évoqué le rôle de l’Église dans le processus. Elle estime que celle-ci « n’est pas un parti d’opposition », mais qu’elle doit rester « la conscience de la Nation ». Le parti l’appelle ainsi à «accompagner, éclairer et prier pour l’État dans sa quête de paix».

À l’opposition républicaine, la BNCP lance également un appel à la participation au processus.

« L’opposition la plus noble est celle qui sait se tenir aux côtés du Gouvernement quand l’existence même de l’État est en jeu », soutient-elle.

Le parti souhaite par ailleurs que le dialogue national parte de la base jusqu’au sommet, avec une participation communautaire à tous les niveaux, ainsi qu’une implication active de la jeunesse et une place centrale accordée à la femme congolaise.

Pour la BNCP, ce dialogue doit constituer « l’acte fondateur de la Quatrième République ». Dans cette perspective, le parti formule plusieurs propositions de réformes institutionnelles et de fond.

Sur le plan institutionnel, la BNCP propose notamment la suppression du Sénat et des Assemblées provinciales, ainsi que celle du poste de Premier ministre et la création d’un poste de vice-président. Elle préconise également la suppression des gouvernements provinciaux au profit d’une valorisation de l’administration et l’instauration d’une territoriale composée de non-originaires et fondée sur la compétence.

Concernant les réformes destinées à renforcer la cohésion nationale, le parti plaide pour un dialogue de réformes « courageuses, sans tabou ». Il demande notamment une clarification sur la question des groupes armés, avec un dépôt préalable des armes, ainsi qu’un pilotage du processus par des personnalités qu’il qualifie d’intègres.

La BNCP propose également le règlement des conflits coutumiers, une réforme foncière visant à sécuriser les terres communautaires et la protection du commerce de détail au profit des autochtones.

Dans le secteur minier, le parti demande une gestion «transparente» des redevances minières. Il préconise aussi une réforme «stratégique» de l’armée et des services de sécurité, une rationalisation des partis politiques ainsi qu’une régulation des confessions religieuses.

Raphaël Kwazi