Ebola : le député Mukweso saisit le gouvernement pour la suspension de la rentrée scolaire dans les zones touchées

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Le député national Rémy Mukweso plaide pour la suspension temporaire de la reprise effective des cours dans les zones touchées par la maladie à virus Ebola.

Dans une correspondance datant du 31 août, adressée à la ministre d'État chargée de l'Éducation nationale, l'élu de Butembo demande un report d'au moins un mois des activités scolaires et parascolaires dans plusieurs entités concernées par l'épidémie.

La demande est formulée alors que la rentrée scolaire 2026-2027 a été lancée le lundi dernier et que les élèves sont déjà au 4e jour des enseignants. Pour l'élu, la situation épidémiologique dans certaines zones nécessite des mesures particulières afin d'éviter que les établissements scolaires ne deviennent des lieux de propagation du virus.

Dans sa correspondance, Rémyxon Mukweso estime que la promiscuité dans les écoles et la difficulté de faire respecter certaines mesures de prévention, particulièrement auprès des enfants des classes maternelles et primaires, constituent des risques à prendre en compte.

"Cette sollicitation est motivée par les risques importants que pourraient présenter les établissements scolaires en matière de contamination et de transmission du virus. En effet, la promiscuité inhérente au milieu scolaire, combinée à la difficulté de faire respecter de manière rigoureuse les mesures barrières auprès des enfants, particulièrement ceux de l'enseignement maternel et des premières classes de l'enseignement primaire, pourrait favoriser la propagation de l'épidémie. Par ailleurs, la grande majorité des établissements scolaires éprouve des difficultés à se procurer une logistique adéquate en dispositifs sanitaires, notamment les lave-mains, thermoflash et gel hydroalcoolique", prévient-il.

Le député demande ainsi un report d'un mois de la reprise des activités scolaires dans plusieurs zones affectées. Sa requête concerne notamment des entités de l'Ituri (particulièrement Mungwalu, Nizi, Logo, Nia-Nia et Fataki) ainsi que les villes et territoires de Butembo, Lubero et Beni au Nord-Kivu.

Selon lui, ce délai pourrait permettre aux équipes de la riposte de poursuivre et de renforcer les actions de prise en charge des malades, de surveillance épidémiologique et de suivi de la chaîne de transmission du virus. Il fait également remarquer que la situation inquiète dans plusieurs zones, évoquant notamment la mise en place de nouveaux centres de traitement d'Ebola dans la ville de Butembo.

La demande du député national est ainsi formulée alors que l'épidémie continue de faire des ravages dans le pays, notamment avec de nouveaux cas confirmés et des décès.

Selon le bulletin épidémiologique publié ce jeudi 3 septembre, le pays a enregistré 6 250 cas confirmés depuis la déclaration de l'épidémie, le 15 mai 2026. Six provinces ont, jusqu'ici, été touchées par la maladie : l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele, le Bas-Uele et la Tshopo. Au total, 1 439 personnes sont sorties guéries des centres de traitement, 3 339 autres sont décédées, soit un taux de létalité de 48,6 %.

Issue de la souche Bundibugyo, cette flambée est considérée comme la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC dans l'histoire de la lutte contre Ebola, et est l'une des épidémies les plus dévastatrices enregistrées en Afrique, après celle qui avait touché plusieurs pays de l'Afrique de l'Ouest en 2014.

Face à la progression rapide de la maladie et au nombre élevé de nouveaux cas enregistrés depuis sa déclaration, les autorités sanitaires et les équipes de la riposte restent encore confrontées au défi de freiner la chaîne de contamination selon des affirmations des experts de l'OMS et d'Afrique CDC. C'est dans ce contexte que le député Rémyxon Mumbere Mukweso demande aux autorités d'examiner la possibilité d'une suspension temporaire des cours dans les zones les plus affectées pour couper la chaîne de transmission.

Kinshasa avait annoncé des enseignements en distance dans les zones les plus touchées par la maladie. Cependant, l'initiative peine à être effective sur le terrain.

Isaac Kisatiro, à Butembo