Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a, lors de l’émission Redevalibilité sur la Télévision nationale, le week-end passé, présenté l’état d’avancement des réformes et des principaux projets engagés dans les secteurs de l’électricité et de l’eau potable, dans le cadre de l’exercice de redevabilité du Gouvernement Suminwa II.
Au cours de cette présentation, le ministre a rappelé que la République démocratique du Congo dispose d’un potentiel hydroélectrique estimé à 167 000 MW, alors que l’accès à l’électricité reste limité. Selon les données présentées, environ une personne sur cinq bénéficie actuellement de l’électricité en RDC.
Dans le secteur de l’eau potable, le taux de couverture serait passé de 8 % en 2019 à 22 % actuellement, selon les données de la Banque mondiale.
Sakombi Molendo a également évoqué le déficit énergétique auquel fait face le secteur minier, estimé à environ 2 000 MW, ainsi que les besoins d’électrification de milliers de villages à travers le pays.
Concernant le projet hydroélectrique de Kakobola, d’une capacité de 10,5 MW, le ministre a indiqué que la centrale, déjà inaugurée, alimente notamment Kikwit, Idiofa et Boma. À terme, elle devrait bénéficier à quelque 20 000 à 30 000 ménages.
Le ministre a également fait état des avancées de l’ANSER, qui dispose de 65 projets à travers le pays. Sept centrales sont actuellement opérationnelles, avec un impact estimé à environ 700 000 bénéficiaires.
À Kinshasa, les modules 2 et 3 de production d’eau potable ont été mis en service. Ces installations produisent environ 330 000 m³ d’eau par jour et desservent près de 6 millions d’habitants dans dix communes.
Plusieurs autres projets figurent parmi les priorités du Gouvernement. Il s’agit notamment de Katende, dont la première turbine devrait être mise en service en décembre 2027, d’Inga 3, avec une capacité projetée de 11 000 MW, ainsi que de la réhabilitation de la centrale de Zongo, qui devrait permettre d’ajouter 75 MW au réseau.
À Maluku, un projet de centrale solaire de 100 MW est également annoncé pour l’année prochaine. Les études sont, selon le ministre, presque achevées.
Pour le Kwango, le Gouvernement prévoit notamment la construction de la ligne électrique Bukangalonzo-Kenge, estimée entre 22 et 24 millions de dollars, ainsi que le développement de Kakobola 2, d’une capacité de 15 MW.
Sur le plan régional, la RDC entend également renforcer sa coopération énergétique avec l’Angola à travers une interconnexion électrique de 1 450 kilomètres, qui pourrait permettre à la RDC d’importer jusqu’à 2 000 MW de surplus énergétique disponible en Angola.
Sakombi Molendo a par ailleurs annoncé la poursuite du projet hydroélectrique Pioka-Tombe, d’une capacité de 6 450 MW, dont les études datant de 1978 sont en cours d’actualisation.
Le ministre a enfin annoncé la formation de 500 jeunes à l’INPP dans les métiers de l’eau et de l’électricité. Le Gouvernement souhaite faciliter leur recrutement dans les structures publiques et les différents projets du secteur.
Selon Sakombi Molendo, la stratégie du ministère repose sur trois priorités : améliorer les services à la population, garantir une énergie suffisante pour l’industrie et attirer davantage d’investissements.
Le ministre a également annoncé la mise en place d’unités locales d’assemblage de panneaux solaires ainsi que la construction de plusieurs centrales photovoltaïques en partenariat avec le ministère de l’Industrie.
Roberto Tshahe Da Cruz