RDC : plus de 460 000 cas de violences basées sur le genre documentés dans une base nationale

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Plus de 460 000 cas de violences basées sur le genre (VBG) sont désormais documentés dans une base nationale en République démocratique du Congo. Ces données ont été présentées mercredi 9 septembre 2026 à Kinshasa, lors de la quatrième réunion du comité de pilotage du projet « Unis pour l’égalité du genre » (UPEG), mis en œuvre par Enabel et Onu Femmes avec l’appui des partenaires.

Cette rencontre a notamment permis d’évaluer les performances enregistrées au cours de la troisième année de mise en œuvre du programme et de définir les priorités pour la poursuite de ses activités.

Prenant la parole à cette occasion, Fabrice Basile, chargé d’affaires a.i de l’Union européenne, a salué l’engagement du ministère du Genre, Famille et Enfant ainsi que celui des différents partenaires impliqués dans le programme. Il a indiqué que, malgré un contexte sécuritaire, humanitaire et économique difficile en 2025, des avancées importantes avaient été enregistrées dans la lutte contre les VBG et l’autonomisation des femmes.

Parmi les résultats présentés figure le renforcement de la coordination nationale, qui a permis de formuler plus de 50 recommandations stratégiques destinées à améliorer la réponse aux violences basées sur le genre. La base nationale recensant plus de 460 000 cas documentés constitue, selon le représentant de l’UE, un outil essentiel pour orienter les politiques publiques et améliorer la réponse institutionnelle.

« Ces données ne peuvent pas rester dans une base sans finalité. Sans redevabilité, nous ne pourrons pas avancer dans la lutte contre les violences basées sur le genre », a-t-il souligné, appelant à faire de ces informations un levier de redevabilité et d’action concrète.

Le programme a également mis en avant la ligne verte 122, un numéro d’appel gratuit destiné à l’information et à l’orientation, qui a traité plus de 19 000 appels au cours de l’année 2025.

Dans le domaine de la formation professionnelle, plus de 1 700 apprenantes et apprenants ont par ailleurs accédé à des parcours qualifiants dans les provinces ciblées, avec des premiers résultats jugés encourageants en matière d’insertion économique.

L’UPEG intervient également dans la promotion du leadership féminin et de la masculinité positive, ainsi que dans le renforcement des services publics, avec pour objectif de contribuer à la transformation progressive des normes sociales et au renforcement des institutions locales.

L’UE appelle à pérenniser les acquis

Saluant les progrès réalisés, l’Union européenne estime que les défis demeurent importants, les violences basées sur le genre continuant d’affecter des milliers de femmes et de filles, particulièrement dans les zones touchées par les conflits.

Fabrice a plaidé pour la poursuite d’une approche intégrée combinant prévention des violences, accès à la justice, protection des survivantes, autonomisation économique des femmes et transformation des normes sociales.

L’UE encourage également les partenaires à renforcer les synergies entre les différentes composantes du programme et à assurer la pérennité des acquis au-delà du financement européen. Elle entend notamment plaider pour une anticipation budgétaire de l’État afin de permettre le maintien, à long terme, des mécanismes et des actions développés dans le cadre du programme.

Ouvrant les travaux, la ministre du Genre, Famille et Enfant a réaffirmé le rôle de leadership et de coordination de son ministère dans la promotion de l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes.

Elle a rappelé que la troisième réunion du comité de pilotage, tenue le 19 mai 2025, avait formulé plusieurs recommandations, notamment sur la cartographie et la sécurisation de l’approvisionnement des enquêtes PEP, la prolongation stratégique du projet, la révision du plan d’action 2025, la mobilisation des organisations et des relais communautaires dans les zones à risque, ainsi que la consolidation d’une base de données opérationnelle et unifiée.

Au cours de cette quatrième réunion, les participants doivent notamment examiner le compte rendu de la troisième réunion, procéder à l’auto-évaluation des performances du programme durant sa troisième année et analyser les principales réalisations ainsi que le niveau d’avancement des résultats. Ils doivent également faire le point sur le taux de consommation budgétaire, les difficultés rencontrées, les risques et les prévisions opérationnelles et financières pour 2026.

La ministre a appelé l’ensemble des parties prenantes à maintenir leur engagement et à renforcer la synergie entre les différentes interventions. Elle a également exprimé la reconnaissance du gouvernement à l’Union européenne, à ONU Femmes, à Enabel et aux autres partenaires pour leur accompagnement dans la lutte contre les violences basées sur le genre.

Les travaux de cette quatrième réunion doivent déboucher sur des recommandations destinées à accélérer la mise en œuvre du projet et à renforcer son impact en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes en RDC.

Grâce Kenye