L’épidémie de la maladie à virus Ebola en RDC est désormais « sous contrôle », selon l’équipe de riposte. Quatre mois après son début, le pic épidémique a été dépassé et la courbe est entrée dans une phase descendante, avec une diminution du nombre quotidien de cas et de décès confirmés.
Cette évolution a été présentée jeudi 10 septembre 2026, à l’issue d’une nouvelle réunion technique d’évaluation de la riposte, présidée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka à l’Hôtel du Gouvernement. La rencontre a réuni des membres du Gouvernement et des experts de l’équipe de riposte, parmi lesquels le professeur Jean-Jacques Muyembe.
À l’issue de cette réunion, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a insisté sur le principal enseignement de cette nouvelle évaluation.
« Le mot à retenir aujourd’hui, c’est que l’épidémie est sous contrôle. Et je parle évidemment sous le contrôle des professeurs Muyembe et Placide, qui s’occupent de tout ce qui est laboratoire », a-t-il déclaré.
Le porte-parole du Gouvernement a également souligné que l’évolution de la situation fait l’objet d’un suivi régulier au plus haut niveau de l’État. Le président de la République, a-t-il précisé, suit l’évolution de l’épidémie depuis son annonce officielle en mai dernier, tandis que la Première ministre réunit régulièrement les membres du Gouvernement, les experts de la santé et ceux de la sécurité pour évaluer la réponse à cette crise multisectorielle.
« La réunion d’aujourd’hui s’inscrivait dans la suite logique des points que nous faisons régulièrement sur l’évolution de la riposte. Nous avons notamment évalué l’impact des nouvelles orientations prises lors des précédentes rencontres autour de la cheffe du Gouvernement, avec l’objectif de renforcer la réponse et de faire en sorte que la tendance observée puisse se consolider », a-t-il expliqué.
Les données présentées par le professeur Placide Mbala, virologue à l’Université de Kinshasa et responsable du pilier recherche au sein de la riposte, confirment l’amélioration de la situation épidémiologique.
Selon lui, la baisse de la transmission est également observée dans les zones jusque-là considérées comme des « hotspots ».
« En regardant les données épidémiologiques, surtout la courbe épidémique, on peut voir que nous avons dépassé le pic et que la courbe est dans sa phase descendante. Cette tendance est également observée dans les zones qui étaient considérées jusque-là comme des hotspots. Le nombre quotidien de cas confirmés et celui des décès confirmés sont également en diminution », a expliqué le professeur Placide Mbala.
Malgré ces signaux encourageants, les experts appellent toutefois à la prudence. La baisse observée doit encore être suivie au cours des prochaines semaines afin de mesurer l’impact durable des différentes mesures mises en œuvre dans le cadre de la riposte.
« On reste prudent, parce qu’il faudra attendre encore quelques semaines pour voir effectivement les effets des différentes mesures que nous avons mises en place. Il faut continuer à suivre l’évolution de la situation et maintenir les mesures de surveillance et de contrôle afin de consolider cette tendance à la baisse », a-t-il souligné.
Plus de 70 000 doses de vaccin réceptionnées
Sur le plan vaccinal, la riposte se poursuit également. Les autorités sanitaires indiquent avoir déjà réceptionné plus de 70 000 doses du vaccin Ervebo, homologué pour la souche Ebola Zaïre.
La vaccination a déjà commencé, alors que les équipes scientifiques poursuivent leurs analyses afin de déterminer l’efficacité réelle de ce vaccin contre la souche Bundibugyo.
« Nous avons déjà commencé à vacciner. Pour cela, nous avons déjà réceptionné plus de 70 000 doses de vaccin. En même temps, nous poursuivons les recherches pour voir quelle est l’efficacité réelle de ce vaccin sur la souche Bundibugyo », a indiqué le ministre de la Santé.
Au 10 septembre, le pays a déjà enregistré 6 843 cas d’Ebola, dont 3 310 décès, selon les derniers chiffres communiqués par les autorités. L’Ituri demeure la province la plus touchée, avec plus de 5 400 cas, tandis que le Nord-Kivu a franchi le cap des 1 000 cas.
Merveil Molo