42 ans après, la République démocratique du Congo (RDC) est à pied d’œuvre pour organiser le deuxième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2). Pour y parvenir, le pays a donné, le 28 septembre, le go des opérations de cartographie censitaire, une étape qui doit préparer le dénombrement général prévu à partir de juillet 2027.
Cependant, certaines zones d’ombre persistent autour de ce processus. Dans l’opinion publique, certains confondent le recensement avec les opérations d’identification de la population et d’enrôlement des électeurs. Des termes que le ministre de la Communication et Médias et celui du Plan ont tenu à expliquer, mercredi, au cours d’une rencontre avec les médias.
D’abord, le porte-parole du Gouvernement a expliqué le sens du recensement qui, selon lui, se limite au comptage des infrastructures et des personnes vivant au pays.
« Dans le recensement général de la population, on compte, on n’identifie pas. On compte les infrastructures, on compte les écoles, on compte le nombre de ceux qui vivent au Congo, y compris les étrangers », a-t-il soutenu.
Contrairement au recensement, a-t-il expliqué, l’identification de la population vise à déterminer l’identité des Congolais et leurs origines. À l’en croire, cette opération doit notamment déboucher sur l’octroi d’une carte d’identité nationale.
« Deuxième précision, il y a un processus d’identification qui est en cours. L’identification viendra sûrement avec d’autres panels de questions : vous vous appelez comment ? Vous êtes né où ? Vous êtes fils de qui ? Ça, c’est l’identification qui va aboutir à l’octroi d’une carte. Le recensement, quand on le termine, on ne donne pas une carte », a fait savoir Patrick Muyaya.
Par ailleurs, le ministre de la Communication et Médias a expliqué que l’enrôlement est une opération visant à identifier les personnes en âge de voter.
« Ce n’est pas non plus à confondre avec l’enrôlement des électeurs. L’enrôlement des électeurs est l’identification de ceux qui sont éligibles pour participer aux élections. Vous savez qu’aux élections, ce ne sont pas tous les Congolais qui y participent, il faut avoir 18 ans révolus. Et ce sont ceux-là qu’on identifie pour des besoins électoraux », a précisé Patrick Muyaya.
Ce membre du Gouvernement a ainsi appelé les uns et les autres à établir la différence entre ces termes.
« Parce que la confusion peut venir de là. En écoutant toutes vos questions, il y a un fond politicien, mais ici nous ne sommes pas dans un processus politicien. Ici, nous sommes dans un processus étatique. Le ministre a même parlé de souveraineté. On ne peut pas ne pas être capables de dire, 42 ans après, combien nous sommes », a-t-il déclaré.
De son côté, le ministre d’État chargé du Plan, Guylain Nyembo, a appelé à l’appropriation du RGPH-2 par toutes les couches de la population.
« Personne ne doit avoir intérêt à perturber cette affaire. Que vous soyez de l’opposition ou du pouvoir, vous êtes dans la même casserole. Parce que ceux qui sont à l’opposition, demain vous arrivez au pouvoir, vous avez besoin de meilleures données pour préparer ce que vous voulez faire et proposer au peuple congolais. Tous les programmes sont concernés », a-t-il déclaré.
Les opérations du deuxième recensement général de la population et de l’habitat sont évaluées à 192 millions de dollars américains. La fin de ces opérations, qui doivent permettre de disposer de données démographiques fiables, est prévue pour fin 2027.
Prince Mayiro