Le professeur Jean-Jacques Muyembe, directeur général de l’Institut national de recherches biomédicales (INRB), a relevé le mardi 15 septembre un changement important dans la riposte contre l’épidémie d’Ebola en Ituri. Au cours d’un point de presse tenu à Bunia, il a fait état d’une amélioration de la situation dans la province, tout en appelant à renforcer les efforts au Nord-Kivu.
Pour le professeur Muyembe, l’évolution de l’épidémie n’est pas uniforme dans les différentes provinces concernées. L’Ituri affiche, selon lui, des signes encourageants, avec une maîtrise manifeste de la situation, tandis que le Nord-Kivu nécessite encore davantage d’efforts.
«Donc pour moi, il y a un changement important qui se produit maintenant et sur lequel nous pouvons fonder notre espoir. Bien sûr, l'évolution diffère un peu d'une province à l'autre. Ici en Ituri, les choses semblent vraiment avancer. Les choses s'améliorent maintenant. Il y a encore des problèmes surtout au Nord-Kivu, mais je pense que les efforts que nous avons déployés ici vont également être transférés au Nord-Kivu pour pouvoir, n'est-ce pas, maîtriser cette épidémie.
Donc, c'est une épidémie un peu à deux vitesses : l'Ituri, pour nous, il y a une maîtrise manifeste ; mais au Nord-Kivu, nous devons faire encore des efforts », a déclaré le professeur Jean-Jacques Muyembe, au cours d'un point de presse tenu ce mardi 15 septembre à Bunia.
Une riposte robuste face aux cas importés
Le directeur général de l’INRB a également évoqué les cas enregistrés récemment au Sud-Bangui. Cette situation, a-t-il estimé, doit interpeller les autorités et les équipes de riposte afin d’éviter une propagation de la maladie.
Il a notamment souligné la rapidité de la réaction des équipes, déployées sur le terrain deux jours après l’apparition de ces cas. Pour Jean-Jacques Muyembe, cette rapidité doit s’accompagner d’une riposte suffisamment robuste pour contenir les cas importés et empêcher l’apparition de nouvelles chaînes de transmission.
«Et ce qui s'est passé il y a quelques jours au Sud-Bangui, ça nous interpelle aussi. Ça nous interpelle aussi. Mais vous avez vu comment on a réagi immédiatement, deux jours après, les équipes étaient déjà sur place. Et là, nous disons qu'il faut faire vraiment une riposte robuste, robuste. S'il faut militariser, il faut le faire, pour que l'on arrive vite, n'est-ce pas, à la maîtrise de ces cas importés. Que ces cas-là n'engendrent pas d'autres cas. Et là, vraiment, les efforts sont en place pour que les choses se passent normalement.
Donc, voilà, en bref, ce que j'ai vu. Et également, bien sûr, sur le plan épidémiologique, nous avons vu des paramètres, des indicateurs qui sont en faveur de l'espoir que nous avons pour dire que l'épidémie est en régression ici en Ituri », poursuit-il.
L’espoir d’une régression de l’épidémie
Sur le plan épidémiologique, le professeur Muyembe affirme avoir constaté des paramètres et indicateurs allant dans le sens d’une évolution favorable en Ituri. Il estime que ces données permettent d’espérer une régression de l’épidémie d’Ebola dans la province.
Cette amélioration reste toutefois à consolider. Alors que l’Ituri semble progressivement reprendre le contrôle de la situation, le Nord-Kivu demeure confronté à des difficultés qui nécessitent, selon le responsable de l’INRB, la poursuite et le renforcement des efforts de riposte.
L’expérience et les mesures mises en œuvre en Ituri pourraient ainsi être mises à profit dans les autres zones affectées afin de contribuer à une maîtrise plus rapide de l’épidémie d’Ebola.
Séraphin Banangana depuis Bunia