Grand Katanga : Justicia ASBL alerte sur la présence de 5 000 hommes en uniforme dans les sites miniers

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Au moins, 5 000 hommes en uniforme seraient déployés dans les sites miniers des provinces du Lualaba et du Haut-Katanga, dans le Grand Katanga, en violation des instructions du Conseil des ministres présidé le 10 juillet 2026, par le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi Tshilombo.

D'après une enquête rendue publique le vendredi 30 juillet 2026 par Justicia ASBL et consultée par 7SUR7.CD ce samedi, cette organisation de défense des droits humains dénonce la persistance de la présence des militaires et des policiers dans les concessions minières, malgré les mesures prises par le gouvernement congolais.

Selon maître Timothée Mbuya qui l'a dit dans cette enquête, les observations effectuées par son organisation révèlent une forte présence des éléments des forces de sécurité dans les exploitations minières, avec une prédominance des militaires de la Garde républicaine, suivis de ceux de la 22ᵉ région militaire et de l'auditorat militaire.

« Aujourd'hui, selon les observations que Justicia a faites, il se trouve à peu près 5 000 militaires sur les sites miniers à travers la vaste étendue du Grand Katanga. Parmi ces militaires, il y a une place de choix, notamment pour les militaires de la Garde républicaine, qui constituent un grand nombre. Ils sont suivis par les éléments de la 22ᵉ région militaire et ceux de l'auditorat militaire », a expliqué maître Timothée Mbuya.

Maître Timothée Mbuya déplore notamment les situations dans lesquelles certains éléments en uniforme, malgré leur mission officielle de sécurisation, s'imposeraient dans l'exploitation minière industrielle ou semi-industrielle au profit de certaines coopératives appartenant, selon lui, à des individus politiquement exposés. Pour Justicia ASBL, cette situation soulève de sérieuses préoccupations en matière de protection des droits humains et de traçabilité des minerais produits en République démocratique du Congo.

« A force de laisser des militaires et des policiers non éligibles sur les sites miniers, le cuivre et le cobalt congolais ont tendance à devenir malheureusement aussi des minerais de sang ou des minerais qui sont produits sur fond de violations des droits humains », alerte le président de cette organisation tout en affirmant disposer de témoignages recueillis auprès des membres des communautés locales, ainsi que de vidéos, d'images et d'autres informations faisant état d'une recrudescence d'incidents sécuritaires et de violations des droits humains dans les sites miniers où des militaires sont présents.

Cette sortie intervient dans un contexte marqué par la mesure gouvernementale du 10 juillet 2026, prise en présence du président de la République, Félix Tshisekedi, et ordonnant le retrait immédiat et sans condition des militaires des sites miniers. Pour Justicia ASBL, l'application de cette instruction reste un défi sur le terrain, au regard des constats faits dans les deux provinces du Grand Katanga.

« C'est donc aujourd'hui une autre opportunité qui nous est accordée pour relancer un appel pathétique à l'endroit des dirigeants congolais, afin de faire exécuter l'instruction du chef de l'État ou la mesure gouvernementale prise en présence du président de la République le 10 juillet 2026, ordonnant le retrait immédiat et sans condition des militaires sur les sites miniers », a-t-il insisté.

Justicia ASBL appelle ainsi les autorités à veiller à l'effectivité de cette décision, dans le but de renforcer la protection des communautés riveraines et de prévenir les violations des droits humains dans les zones d'exploitation minière du Lualaba et du Haut-Katanga.

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