RDC : Guillaume Ngefa lance la digitalisation des recettes judiciaires et l’interconnexion des institutions judiciaires et pénitentiaires

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Le ministre d’État chargé de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a procédé, ce jeudi 5 novembre 2026, à Kinshasa, au lancement officiel de la digitalisation des recettes judiciaires et de l’interconnexion des juridictions, des offices de parquet et des établissements pénitentiaires, avec l’appui technique du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le soutien financier de l’Union européenne.

Cette initiative, portée et pilotée par les institutions nationales, s’inscrit dans la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur de la modernisation de l’État et du renforcement de la bonne gouvernance, ainsi que dans le programme d’action du gouvernement conduit par la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka.

La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, de l’ambassadeur de l’Union européenne en RDC, Douglas Darius Carpenter, du représentant résident du PNUD, Kamil Kayode Kamaluddeen, ainsi que de plusieurs responsables des institutions judiciaires et pénitentiaires.


La digitalisation des recettes judiciaires prévoit le remplacement progressif des mécanismes manuels de perception par un système numérique sécurisé, traçable et vérifiable. Cette solution permettra notamment aux autorités habilitées de disposer d’informations fiables sur les recettes mobilisées, les juridictions concernées et les différentes transactions effectuées.

Cette réforme devrait également contribuer à réduire les risques de surfacturation, de perceptions irrégulières et de perte des preuves de paiement. Les justiciables pourront ainsi bénéficier de procédures de paiement plus simples et plus rapides, ainsi que d’une meilleure information sur les frais légalement exigibles.

Dans le même cadre, l’interconnexion des juridictions, des offices de parquet et des établissements pénitentiaires vise à mettre en place une infrastructure numérique commune et sécurisée. Elle devra faciliter le partage des informations entre ces institutions, renforcer leur coordination et améliorer la continuité des services judiciaires.

Le déploiement de ces outils sera accompagné de formations destinées aux utilisateurs, de mécanismes de maintenance et d’un renforcement des capacités des services informatiques du ministère de la Justice et des institutions bénéficiaires.

S’exprimant à cette occasion, Guillaume Ngefa a souligné l’importance de cette réforme dans l’amélioration du fonctionnement de l’administration judiciaire.

« Cette réforme constitue une étape majeure dans la modernisation de l'administration de la justice et dans la lutte contre les pratiques susceptibles d'affecter la transparence et la crédibilité du système judiciaire », a déclaré le ministre d’État chargé de la Justice.

De son côté, l’Union européenne a réaffirmé son engagement à accompagner les réformes visant à consolider l’État de droit, à renforcer la redevabilité des institutions publiques et à améliorer l’accès des citoyens à une justice de qualité.

Le PNUD a, pour sa part, réitéré sa disponibilité à soutenir le gouvernement congolais dans le déploiement de solutions numériques durables, sécurisées et inclusives. L’agence onusienne a notamment insisté sur l’appropriation nationale de ces outils, le renforcement des capacités des utilisateurs et la pérennité des investissements réalisés.

Les différentes parties ont également insisté sur la nécessité d’assurer un suivi rigoureux de la mise en œuvre de cette réforme. Celui-ci reposera notamment sur des indicateurs mesurables, dont le nombre de sites interconnectés, le volume des paiements digitalisés, le montant des recettes sécurisées, la réduction des délais de traitement et le niveau de satisfaction des usagers.

Il convient de rappeler que cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme conjoint d’appui à la réforme de la justice en République démocratique du Congo pour la période 2025-2029. Elle marque une nouvelle étape dans la transformation numérique du secteur judiciaire, avec pour ambition de renforcer la transparence dans la gestion des recettes publiques et d’améliorer la qualité des services rendus aux justiciables.

Chançard Sindani