RDC : Une nouvelle coordination au FCC n’est pas d’actualité (Tribune)

Photo droits tiers

Néhémie Mwilanya Wilondja n’a pas été viré de la Coordination du FCC, bien au contraire. Cette mise au point était nécessaire au regard de l’embrasement dont les réseaux sociaux ont fait l’objet du fait du malentendu consécutif au communiqué du regroupement. Le professeur Mwilanya, reste à bien des égards, la seule personne capable de tenir la barre pour mener à bon port cette barque pris au milieu de la tempête mais dont on attend en vain le chavirement. 

A en croire nombre de sociétaires de cette famille politique, Mwilanya reste encore, jusqu’à preuve du contraire, le joker loyal sur qui Joseph Kabila peut bien compter. Les évènements malheureux qui ont eu lieu à l’Assemblée nationale ne sont que la conséquence du laisser-aller des politiciens congolais et particulièrement du FCC qui ont trouvé en Mwilanya le bouc émissaire appropriée pour justifier leur trahison. Tout le monde sait que l’échec est un parent pauvre. Seulement il n’y a pas vacances à la tête du FCC. Cette précision vaut son pesant d’or.

Une commission ad hoc a seulement été mise en place par la Conférence des Présidents pour recueillir les considérations des députés au sujet de la destitution de la Présidente du Bureau de l’Assemblée nationale.  Et pourtant, la mission de cette cellule est bien circonscrite et connue de tous les Députés nationaux et Présidents des Regroupements politiques membres du FCC, les membres de la Cellule ayant eu à les rencontrer et à échanger avec eux, relève Raymond Tshibanda, mandaté pour piloter ladite commission ad hoc.  

Pour lui, cette mission n’a pas changé et la Cellule ne se substitue pas à la Coordination du FCC. Le FCC est une famille politique organisée dont les décisions sont prises conformément aux textes qui la régissent et sont annoncées officiellement par la voix autorisée. Alors que valent ces commentaires en sens divers à propos de la Cellule de crise mise en place au sein du FCC, s’est interrogé Constant Mutamba dans un tweet.

De quoi le FCC a vraiment besoin

En ce temps de crise, le FCC a plus besoin d’un bloc de think tank pour le brainstorming que de la division. La rupture dans sa coordination sera plus fatale que jamais. Les personnes qui prônent la rupture savent où ils vont se caser lorsque le navire prendre l’eau. Et pourtant, ce scénario est inenvisageable. La personne qui remplacera Mwilanya, -- tous les experts croient qu’on n’arrivera pas à cette éventualité et toutes les têtes bien pensantes en conviennent--, risque d’enfoncer encore plus le FCC dans la crise. L’inexpérience et la gestion des ambitions pourra creuser sa tombe. Le changement dans les réformes est de l’apanage du professeur Mwilanya. En effet, Mwilanya connaît les lieutenants et les inconditionnels de Kabila, ceux qui ne le trahiront jamais pour des postes ou au nom d’une certaine récupération de la virginité politique en perspectives de 2023. On a expérimenté cette trahison avec l’annonce de l’Union sacré prônée par Félix Tshisekedi. Les politiciens sans véritable assises ont quitté le navire en tangage, traversant la rue en trahissant la discipline du groupe et sur base des promesses incertaines. 

Néhémie a bâti pierre sur pierre le FCC

Il faut noter que, en vrai discret, Mwilanya n’est pas conflictuel. Mieux, il est rassembleur. Jamais on n’a enregistré des plaintes dans ce sens quant à sa gestion du regroupement. Ancien Directeur de cabinet de Joseph Kabila, alors président de la République et aujourd’hui collaborateur direct de l’Autorité morale du FCC, Néhémie Mwilanya reste le fidèle des fidèles de ce dernier et lui est resté très loyal par rapport à ces autres lieutenants qui ont préféré leurs intérêts, parfois hypothétiques.

Néhémie a travaillé à travers des actions de terrain à grand succès pour asseoir le FCC, en proie à des critiques à la veille des élections de 2018. C’est à lui qu’on doit le renouvellent de loyauté à Joseph Kabila, à Kingakati en octobre dernier où, au bas mot, 330 députés et une soixantaine de sénateurs membre du FCC ont confirmé leur union et leur loyauté vis-à-vis de leur famille politique et de leur leader, ‘‘en ces temps de turbulences politiques’’. 

Mais déjà en juillet 2018, la signature de la charte constitutive du FCC, plateforme électorale dont le président Joseph Kabila est l’autorité morale a vu le jour avec l’engouement à la nouvelle vision du Congo. Et lorsque les mauvais signes se vérifiaient dans l’environnement politique, notamment à travers le non-respect de la Constitution, il y a eu cette méga Marche du FCC du 23 juillet dernier en soutien aux Institutions et démontrant que nul n’avait le monopole de la rue plus que FCC.

Tribune de Ali Kam