RDC - 2e Revue du Programme économique et financier : Le Gouvernement et le FMI concluent un accord sur la facilité élargie de crédit 

7SUR7

Le Fonds monétaire international et le Gouvernement de la République démocratique du Congo ont conclu accord sur la 2e revue au titre de l'accord triennal de la facilité élargie de crédit (FEC).

L'annonce a été faite le 09 mai dernier au terme d'une rencontre entre les deux parties, rapporte une dépêche de la cellule de communication du ministère des Finances dont une copie est parvenue à 7SUR7.CD ce mardi 10 mai 2022.

Ci-dessous, l'intégralité du communiqué de presse sanctionnant la signature de cet accord entre le Gouvernement et le Fonds monétaire international :

Les services du FMI et les autorités Congolaises sont parvenus à un accord au niveau des services sur la deuxième revue au titre de l'accord triennal de la Facilité élargie de crédit (FEC). 

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Mercedes Vera Martin a séjourné  à Kinshasa du 27 avril au 9 mai pour mener des discussions sur la consultation pour 2022 au titre de l'article IV et la deuxième revue du programme économique et financier de la République Démocratique du Congo (RDC) appuyé par une facilité élargie de crédit (FEC). 

L'accord au titre de la FEC de 36 mois pour la RDC pour 1 066 millions de DTS (100% de la quote-part, soit environ 1,52 milliard de dollars) a été approuvé par le Conseil d'administration le 15 juillet 2021, pour aider à répondre aux besoins de financement liés à la pandémie de Covid-19 (voir Communiqué de presse n° 21/217). La première revue a été achevée mi-décembre 2021 (voir communiqué de presse n°21/379).
 
A la fin de la mission, Mme Vera-Martin a fait la déclaration suivante :
 
“L'équipe du FMI et les autorités congolaises sont parvenues à un accord au niveau des services pour la deuxième revue du programme. Cet accord au niveau des services doit être soumis à l'approbation de la direction du FMI. La réunion du Conseil d'administration pour cette revue et la consultation Article IV est prévue fin juin 2022.
 
“La croissance réelle du PIB, estimée à 6,2 %, a rebondi en 2021, soutenue par le secteur minier et les services, tandis que l'inflation s'est établie à 5,3 % à la fin de 2021. Le déficit du compte courant s'est réduit à 1% du PIB, grâce au niveau élevé des exportations minières. Un rebond dans le secteur minier a permis une augmentation significative des réserves internationales brutes, atteignant près de 3 milliards de dollars ou 6,4 semaines d'importations à la fin de 2021. Le déficit budgétaire global s'est amélioré à 1 % du PIB en raison de recettes plus élevées et d'investissements inférieurs aux prévisions.
 
Dans ce contexte, la mise en œuvre du programme appuyé par la FEC est restée satisfaisante. Les données préliminaires suggèrent que tous les critères de réalisation à fin décembre 2021 ont été remplis. Cependant, l'objectif indicatif sur les dépenses de santé prioritaires n'a pas été atteint en raison de lacunes dans la mise en œuvre et un manque de coordination entre agences exécutantes. Les autorités ont également avancé dans leur programme de réformes structurelles.
 
Malgré d'importants risques à la baisse, notamment en lien avec la guerre en Ukraine, les perspectives pour 2022 restent relativement favorables et offrent des opportunités de consolider la stabilité macroéconomique. La prévision de croissance a été révisée à 6,1% contre 6,4%. Un léger excédent du compte courant, tiré par des dons plus élevés et un déficit commercial relativement stable, soutiendra une accumulation de réserves supplémentaire. La hausse des prix internationaux de l'alimentation et de l'énergie devrait peser sur l'inflation et augmenter les dépenses courantes en raison de subventions non ciblées sur les carburants. Toutefois, la détérioration budgétaire devrait être contenue grâce à la bonne performance des recettes.
 
Les services du FMI ont apprécié l'engagement des autorités à renforcer leurs efforts de réforme afin de contenir les dépenses courantes et d'adapter les dépenses d'investissement à la capacité d'absorption. Une réforme progressive des subventions aux carburants réduira les pressions budgétaires et créera un espace pour des transferts sociaux ciblés plus efficaces afin de protéger les pauvres des futurs ajustements de prix. La maîtrise de la masse salariale, tout en assurant une rémunération adéquate, repose sur une réforme globale de la fonction publique qui rationalise les effectifs, révise la grille des salaires et prévoit le financement des retraites. D'autres réformes visant à continuer de mobiliser les recettes, à améliorer la gestion des investissements et des finances publiques, et la gouvernance budgétaire restent essentielles pour améliorer l'efficacité des finances publiques.
 
Les discussions ont également porté sur les réformes à la Banque Centrale du Congo pour améliorer les sauvegardes, renforcer le cadre de la politique monétaire, continuer à augmenter les réserves internationales et améliorer la supervision bancaire, tout en soutenant l'inclusion financière.
 
L'avancement des réformes structurelles reste essentiel pour favoriser la croissance inclusive et l'inclusion sociale. Pour soutenir l'activité économique, il faudra répondre aux importants besoins d'infrastructure, avec une hiérarchisation stricte et une mise en œuvre opportune des projets d'investissement propices à la croissance. La simplification du système fiscal et l'amélioration du climat des affaires et de la gouvernance restent essentielles pour soutenir la diversification économique, mobiliser les investissements et promouvoir une croissance tirée par le secteur privé. La transition énergétique mondiale offre des opportunités, notamment dans la mobilisation des financements climatiques.
 
La mission tient à remercier les autorités de la RDC pour leur forte coopération et des discussions constructives.
 
La mission a rencontré le chef de cabinet du président de la République Guylain Nyembo Mbwizya, le vice-Premier ministre et ministre de la Fonction publique Jean-Pierre Lihau Ebua, le ministre d'État chargé du Budget Aimé Boji, le ministre des Finances Nicolas Kazadi, la ministre des Mines Antoinette Nsamba Kalambayi, la Gouverneur de la BCC Malangu Kabedi Mbuyi, d'autres hauts fonctionnaires, des partenaires au développement, ainsi que des représentants du secteur privé et de la société civile.

Jephté Kitsita