Le 8e atelier de sensibilisation aux déchets électroniques de l'Organisation des Communications de l'Afrique de l'Est (EACO), a été lancé ce lundi 16 mars 2026 à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo.
Le thème retenu pour cette année est :
« Construire une économie circulaire sur les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE), renforcer les infrastructures régionales, l'innovation et les partenariats pour un développement durable ».
Dans son allocution, Marie Nyange Ndambo, ministre de l'Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat, a indiqué que le thème retenu pour cette année rappelle que seule l’action collective permettra d’éviter que notre région ne devienne un dépotoir technologique.
« L’harmonisation de nos régulations et la coopération régionale sont des clés pour bâtir un marché de recyclage attractif, protecteur et durable. La République démocratique du Congo réaffirme son engagement à contribuer activement à ce chantier commun. Notre position géostratégique et notre potentiel industriel nous placent au cœur de cette dynamique régionale », a déclaré la ministre Marie Nyange Ndambo.
Dans son allocution, le ministre de l’Économie du Numérique, Augustin Kibassa, a indiqué que pour la République Démocratique du Congo, cette initiative régionale revêt une importance particulière.

« Notre pays s’est engagé dans une stratégie ambitieuse visant à moderniser l’administration publique, développer les infrastructures numériques et structurer un écosystème
numérique attractif pour l’investissement », a-t-il dit.
Dans la foulée, il a souligné que la gestion des déchets électroniques ne doit pas être perçue uniquement comme une contrainte environnementale, mais également comme une véritable opportunité économique pour les pays concernés.
« Le recyclage et la valorisation des équipements électroniques permettent en effet de récupérer des matériaux stratégiques, de développer de nouvelles chaînes de valeur industrielles et de créer des emplois qualifiés pour notre jeunesse. C’est précisément pour cette raison que la coopération régionale est indispensable », a-t-il déclaré.
Pour le ministre de l’Économie du Numérique, les flux d’équipements électroniques et de déchets numériques dépassent largement les frontières nationales. Il estime qu’il est donc essentiel de renforcer la coordination entre les États afin de :
- Lutter contre le dumping de déchets électroniques sur notre
continent ;
- Améliorer la traçabilité des équipements électroniques ;
- Et développer une filière régionale de recyclage et de
valorisation.
L’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC), de son côté, affirme que cette conférence ne constitue pas une simple rencontre protocolaire. À en croire, Christian Katende, son président elle est l'expression d'un engagement profond et durable en faveur d'une gestion responsable et durable des déchets d'équipements électriques et électroniques, communément appelés DEEE.

« L'essor du numérique, qui est une formidable opportunité pour le développement de nos économies et pour l'inclusion de nos populations, s'accompagne également d'un défi majeur : la gestion du cycle de vie des technologies. Chaque année, des millions d'appareils électroniques téléphones mobiles, ordinateurs, équipements de réseaux, téléviseurs et autres dispositifs numériques - arrivent en fin de vie. Ces équipements contiennent à la fois des substances potentiellement dangereuses pour l'environnement et la santé, mais également des ressources précieuses, telles que le cuivre, l'or, le cobalt ou encore les terres rares », a déclaré le président de l’ARPTC dans son allocution.
En outre, Christian Katende a précisé que les déchets électroniques ne sont pas seulement un problème environnemental : ils représentent également une formidable opportunité économique et industrielle si leur gestion est correctement organisée.
« C'est précisément là que se situe la responsabilité des pouvoirs publics, des régulateurs et des acteurs de l'écosystème numérique. Au XXIe siècle, le rôle d'un régulateur ne se limite plus à la gestion du spectre radioélectrique ou à l'encadrement des réseaux de télécommunications. Nous devons désormais intégrer dans notre action une vision plus globale », a martelé Christian Katende.
Signalons par ailleurs que cette 8ème conférence va se clôturer le 18 mars prochain.
L'Organisation des communications de l'Afrique de l’Est est une entité régionale établie en 2012 pour harmoniser les politiques TIC (télécoms, poste, radiodiffusion) et gérer les déchets électroniques (e-waste). Elle regroupe les régulateurs et opérateurs de l'Afrique de l'Est pour promouvoir des services de communication fiables.

L'EACO aligne les réglementations sur les télécommunications, la poste et la radiodiffusion au sein des pays membres. L'organisation mène des ateliers régionaux pour sensibiliser à la gestion durable des déchets électroniques.
L'EACO œuvre pour le renforcement des capacités et le développement d'infrastructures pour atteindre un accès universel, notamment par des stratégies contre le COVID-19 et le renforcement des services postaux.
Jephté Kitsita