Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, et la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, ont conjointement présidé, ce jeudi 8 janvier 2026, une réunion « stratégique », dans le cadre de la recherche des solutions à la problématique relative aux arriérés de rétribution des organismes intervenant dans la paie des enseignants, notamment certaines banques commerciales, en particulier Afriland Banque et l’IFOD.
Cette séance de travail, selon la dépêche de la cellule de communication du ministère des Finances, était consacrée à l’examen et à la régularisation des arriérés de rétribution réclamés par Afriland Banque et l’IFOD, lesquels continuent d’affecter le bon déroulement du processus de paie des enseignants, en dépit de la mise à disposition, par le gouvernement, des enveloppes nécessaires dans les délais requis.
La même source indique que depuis plusieurs années, le gouvernement et Caritas Congo ont conclu un protocole d’accord relatif à la paie des enseignants, intégrant la prise en charge, par l’État, des frais de convoyage des fonds, afin de permettre le déploiement des équipes de Caritas dans les zones de l’arrière-pays. Dans ce cadre, Caritas Congo, à travers l’IFOD, fait état d’arriérés accumulés sur une longue période, dont une partie a déjà fait l’objet de vérification et de certification par l’Inspection générale des Finances, avec un premier décaissement déjà opéré par le gouvernement. L’absence d’une harmonisation complète a toutefois conduit l’IFOD à appliquer un système de paie séquencée, entraînant des retards dans certains territoires isolés, dont Inongo, Bagdolité et Djolu.
Cependant, à la suite de la signature d’une nouvelle convention avec le gouvernement, l’IFOD estime que les frais connexes mis mensuellement à sa disposition ne couvrent plus l’ensemble des charges opérationnelles liées à la paie, situation qui, selon cette structure, appelle à des échanges approfondis avec l’État, au regard de son impact sur le déroulement du processus.
En ce qui concerne Afriland Banque, celle-ci fait également état d’arriérés de rétribution accumulés au cours des dernières années, lesquels perturbent la régularité des opérations de paie dans certains territoires, en dépit de la mise à disposition ponctuelle des fonds correspondants par le gouvernement.

Les membres du gouvernement, face aux défis opérationnels soulevés par les deux opérateurs, ont rappelé que toute affectation d’une partie de l’enveloppe destinée à la paie des enseignants à des charges logistiques serait constitutive d’une violation de la loi et exposerait les contrevenants à des sanctions pénales. À cet effet, Afriland First Bank a été instruite de transmettre, dès ce vendredi, un état des lieux détaillé à la direction du Trésor et des moyens de Financement, en vue de la conciliation et de la certification des données, préalables à l’apurement progressif des arriérés de rétribution.
Du côté de l’IFOD, la situation des frais réclamés devrait être communiquée sans délai afin de permettre des paiements urgents, alors qu’une réunion d’harmonisation avec l’Inspection générale des Finances est programmée dans les prochains jours.
Un chronogramme détaillé de paiement des territoires non encore desservis, pour la dernière période de paie écoulée, a été exigé des deux opérateurs, les fonds y afférents ayant été mis à leur disposition dans les délais.
Le ministre des Finances, a, au cours des échanges, rappelé que le secteur de l’éducation constitue un pilier fondamental de la vision du président de la République, et que le gouvernement ne saurait désormais tolérer des paiements en alternance opérés par ces deux institutions.
D’après la même source, dans une démarche orientée vers des solutions durables, le gouvernement examine des options innovantes. À ce titre, la ministre de l’Éducation nationale a proposé l’amorce d’une transition vers le paiement mobile (Mobile Money ), en partenariat avec les opérateurs de télécommunications et les institutions bancaires pour améliorer la proximité et la célérité des paiements, en particulier dans les zones rurales.
Linda Lusonso