La Haute Cour militaire a tenu une brève audience ce jeudi 12 mars 2026 dans l’affaire opposant l’auditeur général des FARDC au lieutenant-général Philémon Yav Irung. Trois des quatre renseignants convoqués ont répondu présents à cette audience.
Il s’agit du général d’armées Célestin Mbala Munsense, ancien chef d’état-major général des FARDC, du lieutenant-général Constant Ndima Kongba, ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu, ainsi que du général-major Sylvain Ekenge Bomusa Efomi, ancien conseiller en communication du gouverneur militaire.
Le quatrième renseignant, le général de brigade Evariste Mwehu Lumbu, commandant du secteur opérationnel Sukola II Sud au Sud-Kivu, a quitté les lieux avant le début de l’audience après avoir été victime d’un malaise, afin de prendre ses médicaments.
Aux côtés de ces officiers généraux, un expert du Conseil national de la Cyberdéfense a également comparu. Celui-ci devait présenter le rapport de son institution, établi après l’analyse des téléphones portables du général Philémon Yav, supposés contenir un message téléphonique le liant au général rwandais James Kabarebe.
Cependant, dès l’ouverture de l’audience, la Haute Cour militaire a annoncé le report de l’affaire au lundi 16 mars, sans préciser les raisons de cette suspension. Le premier président de cette Haute juridiction militaire, le lieutenant-général Mutombo Katalay Tiende Joseph, a indiqué que les invitations adressées aux renseignants et à l’expert restent valables pour l’audience prévue à cette date.
Pour les avocats de la défense, le général Célestin Mbala devra notamment répondre aux questions relatives à son appréciation, lorsqu’il était chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo, de la conduite du lieutenant-général Philémon Yav en tant que commandant des opérations.
« Notre client estime qu’il relevait, à l’époque, de l’autorité du chef d’état-major général, le général d’armées Célestin Mbala Munsense, qui avait décidé de sa nomination comme coordonnateur, assurait son encadrement et recevait ses rapports. Nous souhaitons donc que le général Mbala vienne répondre aux questions de la défense afin d’éclairer la Cour. Il ne s’agit pas seulement d’examiner ce message dont on prétend qu’il n’aurait pas été communiqué au chef d’état-major général à l’époque, mais aussi d’interroger le général Mbala sur l’attitude et la conduite de notre client lorsqu’il servait sous son commandement », avait déclaré Me Parfait Kanyanga lors de l’audience du 20 février.
Quant aux trois autres généraux — Constant Ndima Kongba, Sylvain Ekenge Bomusa Efomi et Evariste Mwehu Lumbu — ils ont déjà comparu devant la Haute Cour militaire à titre de renseignants.
Répondant aux questions des juges, ils ont affirmé avoir entendu de la bouche du général Cirimwani, aujourd’hui décédé, que le lieutenant-général Philémon Yav lui aurait montré un message téléphonique qui lui aurait été adressé par le général rwandais James Kabarebe via son assistant particulier, dénommé Senkonko.
La défense a toutefois demandé qu’ils soient à nouveau entendus, estimant avoir des questions supplémentaires à leur poser. Les avocats du général Yav soutiennent qu’il s’agit d’un groupe de personnes frustrées qui auraient conspiré contre leur client.
Pour rappel, le lieutenant-général Philémon Yav Irung est poursuivi pour trahison et pour incitation des militaires à poser des actes contraires à la loi.
Il lui est notamment reproché d’entretenir des liens avec l’ennemi, accusation fondée sur un message téléphonique qu’il aurait reçu du général rwandais James Kabarebe par l’intermédiaire de l’assistant de ce dernier.
ODN