L’organisation congolaise de défense des droits humains Justicia ASBL exhorte le chef de l’État, Félix Tshisekedi, à initier une enquête indépendante sur les « dérapages » présumés du Conseil national de cyberdéfense (CNC). Cette demande fait suite à un communiqué de Human Rights Watch dénonçant une recrudescence des disparitions forcées à Kinshasa et dans ses environs.
Dans un communiqué publié le mercredi 11 mars 2026, Justicia ASBL affirme avoir pris connaissance du rapport de Human Rights Watch, lequel fait état d’une « forte hausse » des cas de disparitions forcées dans la capitale et ses alentours.
Selon l’organisation, ces révélations confirment les inquiétudes qu’elle avait déjà exprimées dans ses précédentes communications concernant le Conseil national de cyberdéfense.
« Le CNC n’avait pas le droit d’enlever des citoyens ni de les détenir dans des cachots clandestins », déclare Timothée Mbuya, président de Justicia ASBL.
L’ONG se dit particulièrement préoccupée par ce qu’elle qualifie de pratiques « d’enlèvements » visant des opposants politiques, des journalistes et des militants des droits humains, dans un contexte politique marqué par des tensions autour d’un projet supposé de révision constitutionnelle.
Face à la gravité des faits dénoncés par plusieurs organisations, dont Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO) et Human Rights Watch, ainsi que par des médias nationaux et internationaux, Justicia ASBL appelle le chef de l’État à diligenter une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités.
« Justicia ASBL invite le chef de l’État à initier une enquête indépendante sur les dérapages d’un service relevant exclusivement de son autorité », insiste Timothée Mbuya.
L’organisation réclame également la libération « immédiate et sans condition » de toutes les personnes qu’elle affirme avoir été enlevées et détenues « injustement » par le Conseil national de cyberdéfense, ainsi que la traduction en justice des auteurs « des crimes imputés à cette structure ».
Enfin, Justicia ASBL prévient qu’en l’absence d’une action des autorités nationales, elle pourrait saisir le Conseil des droits de l’homme des Nations unies et appeler l’Union européenne, ainsi que les gouvernements des États-Unis et du Canada, à adopter des sanctions individuelles contre les auteurs présumés de ces violations.
Alphonse Muderhwa