UNILU : les professeurs menacent d'aller en grève

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L’Association des membres du corps académique et scientifique de l’Université de Lubumbashi (ACASUL) est montée au créneau pour dénoncer la précarité persistante dans laquelle vivent les enseignants de cette institution publique et menace d'aller en grève.

Dans un communiqué rendu public le mardi 17 mars 2026 et dont une copie est parvenue ce mercredi à 7SUR7.CD, le syndicat évoque une situation « désastreuse » marquée par l’insécurité et surtout par le non-respect des engagements pris par le gouvernement congolais.

Selon le professeur Fernand Kanyeba, secrétaire général de l’ACASUL qui signe ce document, les accords conclus entre le banc gouvernemental et le banc syndical, notamment ceux issus du protocole du 14 février 2022, restent lettre morte.

« Le gouvernement s’est engagé à payer les arriérés des rémunérations accumulées depuis janvier 2017 (…) ainsi qu’à assurer une augmentation progressive à partir du premier trimestre 2025 », lit-on dans ce communiqué.

Au-delà de ces engagements non honorés, les enseignants dénoncent également des retards récurrents dans le paiement de leurs salaires.

« Les professeurs, chefs de travaux et assistants font un constat amer que le paiement connaît des retards injustifiés et considérables », souligne l’ACASUL, précisant que, dans les prochains jours, les agents totaliseront « deux mois pleins d’impaiement ».

Une situation qui viole, selon eux, les dispositions légales prévoyant le paiement des agents publics au plus tard le 20 de chaque mois. Face à cette réalité, l’association des professeurs de l'Université de Lubumbashi exprime son indignation et appelle les autorités nationales à agir en urgence.

« Il s’agit notamment de la récupération du pouvoir d’achat du professeur, de l’octroi de la prime de recherche, de la mécanisation de nouvelles unités et de la régularisation de la paie selon le grade de chacun », précise le document.

En guise d’avertissement, le syndicat n’exclut pas un arrêt de travail si aucune réponse concrète n’est apportée.

« À défaut, l’ACASUL se réserve le droit de décréter la cessation du travail, droit reconnu sans réserve par notre Loi fondamentale », prévient le communiqué.

L’ACASUL plaide également pour la convocation de la Commission permanente de suivi des accords afin de fixer de nouveaux planchers salariaux et enclencher enfin la majoration attendue. Dans cette optique, elle sollicite l’implication personnelle du Chef de l’État afin de restaurer des conditions de travail « humainement acceptables » au sein de l’enseignement supérieur.

Patient Lukusa, à Lubumbashi