La ministre du Genre, Famille et Enfants, Micheline Ombae Kalama, a remis officiellement, ce jeudi 19 mars 2026 à Kinshasa, le deuxième rapport pays sur la mise en œuvre du Protocole de Maputo en République démocratique du Congo à son homologue des Droits humains, Samuel Mbemba, en vue de sa transmission à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP).
Ce document, couvrant la période 2018-2025, a été élaboré avec l’appui technique et financier de l’organisation IPAS RDC. Il retrace les avancées réalisées en matière de promotion et de protection des droits des femmes sur les plans législatif, politique et sécuritaire en RDC.
Lors de la cérémonie de remise, la ministre du Genre, Famille et Enfants, Micheline Ombae Kalama, a salué le rôle central des partenaires, en particulier l’organisation IPAS RDC, pour son appui technique et financier dans le processus d’élaboration de ce rapport.
« S’agissant du présent rapport étatique, mon ministère a travaillé en partenariat avec toutes les parties prenantes, notamment les ministères sectoriels, avec l’accompagnement technique et financier, particulièrement d’IPAS, dont nous saluons ici la sincère collaboration », a déclaré Micheline Ombae Kalama.
Elle a précisé que ce rapport sera défendu par la RDC devant la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) de l’Union africaine.
« Excellence Monsieur le ministre des Droits humains, je vous soumets ce jour ce deuxième rapport en vue de sa transmission aux instances de l’Union africaine où nous serons appelés à le défendre au nom de la République démocratique du Congo », a-t-elle ajouté.
De son côté, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a insisté sur la portée institutionnelle et internationale de ce document, qui répond aux engagements de la RDC au titre du Protocole de Maputo.
« C’est un grand honneur de recevoir ce deuxième rapport pays. Il démontre les efforts que la République démocratique du Congo ne cesse de fournir pour le respect et la promotion des droits des femmes. Sa production est le fruit d’efforts soutenus et d’une expertise remarquable, répondant à un besoin crucial de respecter l’engagement pris par notre gouvernement conformément à l’article 26 du Protocole de Maputo », a-t-il affirmé.
Et de poursuivre : « Ce rapport constitue une preuve éloquente de la bonne collaboration de la RDC avec l’organe de surveillance des droits de la femme en Afrique. Je vais le joindre à celui relatif à la mise en œuvre de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples pour sa transmission à la Commission africaine ».

Partenaire clé du processus, IPAS RDC a apporté un appui déterminant dans l’implémentation du Protocole de Maputo, sa domestication et la mise en place des mécanismes de redevabilité. Son directeur pays, le docteur Jean-Claude Mulunda, a mis en avant l’importance de ce travail conjoint pour les femmes congolaises.
« Aujourd’hui, nous avons assisté à la transmission officielle du rapport de domestication du Protocole de Maputo. Pour nous, cela représente beaucoup, pas seulement pour IPAS, mais pour les femmes congolaises. En tant que partenaire du gouvernement et défenseur des droits des femmes, nous avons travaillé avec plusieurs institutions pour faire en sorte que ce Protocole ne soit pas une loi de plus placée dans un tiroir, mais qu’il soit réellement mis en œuvre au bénéfice des femmes et de la RDC », a-t-il indiqué.
« IPAS a travaillé de bout en bout pour soutenir l’implémentation du Protocole et les mécanismes de redevabilité. Nous avons apporté un appui technique et financier pour arriver à ce résultat et nous restons disposés à accompagner les prochaines étapes, notamment l’identification des domaines nécessitant davantage d’efforts et l’élaboration d’une nouvelle feuille de route avec le gouvernement et les partenaires », a-t-il ajouté.
Selon le directeur pays d’IPAS, Jean-Claude Mulunda, ce rapport permet également d’évaluer les progrès réalisés sur les huit thématiques du Protocole de Maputo et d’identifier les axes encore insuffisamment couverts, en vue d’une mise en œuvre renforcée.
À noter que cette démarche s’inscrit dans la continuité des engagements internationaux de la RDC. En 2017, le pays avait déjà produit, transmis et défendu avec succès son premier rapport cumulé (2005-2015/2017) devant la CADHP.
Bob Bondo