La RDC, la Zambie et la Tanzanie s’engagent pour la surveillance et le paiement électronique sur le corridor central

Image
Image d'illustration

La route Sud du corridor central, reliant le port de Dar-es-Salaam en Tanzanie, à la République démocratique du Congo via la Zambie, amorce un tournant décisif vers sa modernisation. Longtemps confronté à des défis liés à l’insécurité, aux lenteurs administratives et à l’usage du cash aux frontières, cet axe vital pour le commerce régional s’engage désormais dans une transformation axée sur la digitalisation et la sécurité via les caméras de surveillance.

Il s'agit des recommandations issues de l'atelier de validation sur les études de faisabilité sur les paiements sans espèces et les systèmes de surveillance de sécurité le long de la route Sud du corridor central organisé à Lubumbashi dans le Haut-Katanga, du mardi à ce mercredi 25 mars 2026 en présence des représentants de la RDC, de la Tanzanie et de la Zambie.

Organisés par l'Agence de facilitation du Transport du Transit du Corridor Central, ces travaux ont bénéficié de l'appui de TradeMark Africa, une organisation spécialisée dans la facilitation du commerce sur le continent. Pour Manassé Assama, responsable de programme, facilitation de commerce et développement du secteur public à TradeMark Africa, la collaboration est  fructueuse avec les autorités congolaises et les gestionnaires du corridor central.

« Notre objectif est de rendre le commerce plus sûr, plus fiable et plus prévisible le long du corridor. Hier, nous avons commencé le travail et aujourd'hui. Donc, nous nous réjouissons d'abord de ce partenariat, de cette collaboration avec le corridor central qui a donc mené un travail de titan en si peu de temps. TradeMark se félicite du travail abattu mais aussi cela n'aurait pas été possible si nous n'avons pas la coordination et l'accompagnement de l'autorité provinciale qui n'a aménagé aucun effort pour accompagner et rendre possible ces études », a-t-il déclaré au micro tendu par 7SUR7.CD.

Ces ateliers ont permis de valider deux projets majeurs dont la mise en place d'un système de paiement électronique aux postes frontaliers et le déploiement d'un dispositif intégré de surveillance de sécurité le long du corridor. Une première étape avant la concrétisation des réformes également salué par Manassé Assama.

« Ce n'est qu'une première étape. La plus grande reste la matérialisation des solutions validées », a-t-il insisté.

Pour Moïse Mpanga, point focal du corridor central dans le Haut-Katanga, la mise en place du paiement électronique constitue une réponse concrète aux lenteurs observées aux postes-frontières, notamment à Kasumbalesa. Il a indiqué que les contraintes liées aux délais de transport entre Dar-es-Salaam, Lubumbashi et Kolwezi impactent directement la rentabilité des opérateurs économiques. Face à la recrudescence des actes criminels sur cet axe, les autorités misent sur les nouvelles technologies pour renforcer le dispositif sécuritaire.

«L’avantage dans le commerce, c’est de gagner du temps. Les paiements en espèces prenaient beaucoup de temps et ralentissaient les opérations. Il faut respecter un certain nombre de jours pour livrer et repartir chercher d’autres marchandises. Il y a des drones qui seront déployés, il y a des caméras qui seront fixées », a annoncé Moïse Mpanga tout en précisant que ces outils viendront compléter les mesures déjà en vigueur, notamment l’escorte des camionneurs entre Mutaka et la frontière de Kasumbalesa. Une approche qui s’inscrit dans une coopération régionale impliquant la RDC, la Zambie et la Tanzanie.

Avec l’introduction des paiements électroniques et des technologies de surveillance, la route Sud du corridor central se positionne progressivement comme un axe commercial moderne, sécurisé et compétitif, au service de l’intégration régionale et du développement économique.

Patient Lukusa, à Lubumbashi