Dans une interview accordée ce mardi 14 avril à 7SUR7.CD, l’archevêque Israël Dodo Kamba, président du Conseil interreligieux congolais, propose de dépolitiser davantage la Commission électorale nationale indépendante (CENI) en supprimant tous les quotas des camps politiques dans la composition de son bureau.
Il réagissait à la proposition de loi du député Meschack Mandefu Muela, qui suggère notamment de mettre fin à l’exclusivité des confessions religieuses dans la désignation du président de la CENI.
Sans rejeter en bloc les réformes suggérées dans ce texte, Dodo Kamba met en garde contre ce qu’il considère comme une tentative de reprise en main politique d’un organe pourtant censé être indépendant. Pour lui, la priorité doit rester la dépolitisation effective de la CENI.
« D’ailleurs, nous pensons, nous avons même des propositions là-dessus, que même pour les autres membres de la plénière, il ne faudrait pas que ce soient des délégués des partis politiques, comme cela a été le cas autrefois. Il faudrait carrément que toute la composition du bureau ne provienne que des organes de la société civile », a-t-il déclaré.
Dans sa lecture, la solution pour plus de crédibilité et d’indépendance à la CENI ne réside pas uniquement dans la question de la présidence, mais dans l’ensemble du système actuel, notamment le mécanisme de répartition des postes entre majorité et opposition.
« Ce système pose problème », a-t-il laissé entendre, estimant qu’il entretient les soupçons et fragilise la crédibilité de la CENI aux yeux de l’opinion.
Dodo Kamba insiste sur la nécessité de préserver, sinon d’accroître, l’indépendance de l’institution électorale, qu’il considère comme un pilier de la démocratie.
« Nous luttons pour la dépolitisation, l’autonomisation et l’indépendance totale de la CENI...L’indépendance voulue de la CENI, ce n’est pas vis-à-vis des confessions religieuses, mais surtout vis-à-vis des politiques », a-t-il souligné.
Pour rappel, le député Meschack Mandefu Muela a déposé, le 7 avril dernier, une proposition de loi visant à modifier la législation actuelle sur la CENI. Parmi les changements proposés figure l’ouverture de la présidence de l’institution à toutes les composantes, et non plus exclusivement aux confessions religieuses.
MD