La 9ᵉ édition de la Semaine française de Kinshasa a été lancée ce mercredi dans la capitale de la République démocratique du Congo. L’événement se tient du 22 au 24 avril 2026 au Pullman Kinshasa Grand Hôtel, sous le thème « RDC-France : perspectives partagées ».
Dans son allocution, le vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko, a mis en avant le contexte international et l’état des échanges entre la France et la RDC.
« Pour les deux économies, française et congolaise, cette évolution s’inscrit dans un environnement international marqué par la recomposition des chaînes d’approvisionnement, la transition énergétique et la recherche de nouveaux relais de croissance. Elle met en évidence l’intérêt stratégique de la République démocratique du Congo ainsi que la pertinence d’un partenariat économique renouvelé avec la France. (…) Les transactions commerciales entre nos deux pays, qui ont dépassé 200 millions de dollars sur la période 2021-2022, témoignent de l’existence d’un socle d’échanges commerciaux structuré, mais encore en deçà de son potentiel », a-t-il déclaré.
Poursuivant son propos, il a évoqué les enjeux liés à la compétition économique internationale.
« Nous sommes à un moment de vérité : soit les entreprises choisissent d’observer les recompositions en cours, soit elles décident de s’y positionner pleinement. Car la compétition d’aujourd’hui n’est plus seulement commerciale. Elle est une course de présence, d’ancrage, de confiance, de technologie, de financement et de vision. Une course où la rapidité compte, mais où la profondeur du partenariat est décisive. De son côté, la République démocratique du Congo envoie des signaux qu’il convient de savoir lire. Les perspectives du Fonds monétaire international projettent une croissance de 5,9 % en 2026, avec une inflation maîtrisée à 3,3 % », a-t-il ajouté.
De son côté, le président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), Robert Mulumba, a insisté sur l’environnement des affaires et les conditions d’un partenariat équilibré.
« Notre participation à cette tribune s’inscrit dans une logique claire : promouvoir un climat des affaires attractif, stable et compétitif. Il s’agit d’un préalable indispensable pour attirer davantage d’investissements, sécuriser les initiatives privées et favoriser l’émergence de véritables champions nationaux capables de s’imposer sur les marchés régionaux et internationaux. Nous sommes convaincus que le renforcement du partenariat économique entre la République démocratique du Congo et la France doit désormais reposer sur des bases plus équilibrées. Cela implique un accent accru sur le transfert de compétences, la création de valeur locale, la transformation sur place des ressources naturelles, ainsi que le développement de chaînes de valeur intégrées permettant une meilleure répartition des retombées économiques (…) », a-t-il indiqué.
Prenant également la parole, l’ambassadeur de France en RDC, Rémi Maréchaux, a évoqué la portée de cette édition et les enjeux de coopération.
« Je suis heureux de lancer cette 9ᵉ édition de la Semaine française à Kinshasa, après une année blanche en 2025. Cette année, l’événement prend une dimension particulière avec la venue de délégations de 25 entreprises internationales. La RDC est un acteur central face aux enjeux du changement climatique, qu’il s’agisse de la protection et de la valorisation des forêts du bassin du Congo ou de la transition énergétique. La France et ses entreprises ont intérêt à accompagner les projets stratégiques du couloir vert et d’Inga III. Nous avons également intérêt à soutenir et encourager l’augmentation de la production minière », a-t-il déclaré.
Intervenant à son tour, l’ambassadeur de la RDC en France, Emile Ngoy, a mis en avant les atouts du pays et son positionnement stratégique.
« Nous disposons aujourd’hui d’un cadre macroéconomique stable et de conditions favorables à la relance de la machine économique. À l’Ambassade, nous affirmons chaque jour aux opérateurs économiques que la différence est perceptible. (…) Dans notre pays, la quasi-totalité des indicateurs est au vert. Le potentiel est immense, et la RDC se trouve au carrefour des grandes transformations mondiales. Elle représente une chance pour l’humanité, car c’est ici que plusieurs transitions décisives trouvent des réponses, notamment la transition énergétique et la transition écologique », s’est-il exprimé.
Organisée par la Chambre de commerce et d’industrie franco-congolaise (CCIFC-RDC) en partenariat avec l’Ambassade de France, la Semaine française de Kinshasa constitue une plateforme de dialogue et de rencontres réunissant acteurs publics et privés, investisseurs et entrepreneurs.
Les échanges porteront sur six secteurs principaux : la ville durable, l’environnement, le numérique, la logistique, les mines et l’énergie. Le programme prévoit des conférences, des panels, des sessions de réseautage ainsi que des masterclass.
Raphaël Kwazi